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Un scénariste en panne d’ordinateur et d’inspiration voit surgir devant lui un étrange dépanneur. On a tous droit à un joker…

Traduction disponible en espagnol.

ISBN 979-10-90908-89-5

Octobre 2016

46 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

 

 

 

 

 

 

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Un bureau en désordre. Alex est assoupi à sa table de travail, la tête sur le clavier de son ordinateur. La sonnerie de son portable le réveille en sursaut. Il répond.

Alex (dans un demi sommeil) – Ouais…? Qui ça…? (Se réveillant tout à fait) Non, non, bien sûr, excusez-moi, je… Non, non, je ne dormais pas. Pas du tout, je… Je réfléchissais, justement… Oui, je sais, ce n’est plus le moment de réfléchir, mais je veux dire… Avant demain matin huit heures, absolument… Comme convenu… Oui, je sais, je vous ai déjà dit ça hier, mais cette fois, c’est promis… Le tournage commence la semaine prochaine, je sais… Et c’est difficile de diffuser un épisode spécial Noël début février, je comprends bien votre point de vue… Non, non, j’ai presque terminé. Il me manque juste la dernière scène et… J’y passerai la nuit, s’il le faut, mais vous aurez le scénario complet pour demain matin, sans faute. Peut-être même avant, si j’ai terminé ce soir… Ok, demain matin, si vous préférez… D’accord… Sinon, je suis viré, je sais… Merci de me le rappeler, je crois que ça va m’aider… Alors à très vite !

Il raccroche et soupire, déprimé.

Alex – Bon sang… Quel crétin… (Il se lève et regarde sa montre). Mais il va vraiment falloir que je m’y mette, moi…

Au lieu de commencer à travailler, cependant, il se lève et allume la télé avant de s’effondrer dans un fauteuil. Il saisit un paquet de chips et commence à les manger tandis qu’on entend à la télé une émission populaire.

Alex – Faudrait que j’arrête avec la télé... Si je ne bosse que pendant les pauses publicitaires, ça ne va pas avancer…

La sonnerie de Skype retentit sur son ordinateur.

Alex – Et merde… Si on me dérange tout le temps aussi, je ne vais jamais y arriver…

Il éteint la télé et va se rasseoir à sa table devant l’ordinateur.

Alex – Oui Fred, comment tu vas ma chérie ?

Fred (off) – Bonjour Alex. Alors c’est toujours moi qui dois t’appeler… Qu’est-ce que tu fais ?

Alex – Ben tu vois, je suis vissé à mon bureau là, je bosse…

Fred – Tu viens après ? C’est pour toi que j’ai acheté ce grand lit chez IKEA. Et je dors toute seule dedans.

Alex – Écoute, ce soir, je crois que ça va être dur…

Fred – Dur ? Tu dis ça à chaque fois ! Ça finit par être vexant… C’est si dur que ça de passer la nuit avec moi ?

Alex – J’ai un scénario à terminer, là, et…

Fred – Ah oui, le fameux scénario…

Alex – Qu’est-ce que ça veut dire ?

Fred – Ça fait des mois que tu m’en parles de ce scénario… Tu pourrais au moins trouver autre chose… Je ne sais pas moi… L’imagination, c’est ton métier, non ?

Alex – Ouais, ben justement, je ne suis pas très inspiré en ce moment, tu vois… Je préférerais passer la soirée dans ton lit IKEA avec toi, crois-moi…

Fred – Tu termines ce fichu scénario et tu viens après !

Alex – Ok, je vais essayer… mais je ne te promets rien.

Fred – Allez…

Alex – Bon alors je m’y remets tout de suite, et je te rappelle quand j’ai fini, d’accord ?

Fred – Promis ?

Alex – Promis.

Fred – Ok, alors je te laisse travailler. Je t’embrasse…

Alex – Moi aussi.

Fred – Tu me manques…

Alex – Tu me manques aussi.

Fred – Je t’attends… Je compte sur toi ?

Alex – Ok… (Alex met fin à la conversation et soupire à nouveau) Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à compter sur moi, comme ça ? On ne peut pas compter sur moi ! Même moi, je n’ai jamais pu compter sur moi… Je ne suis pas quelqu’un sur qui on peut compter, voilà… Quand est-ce qu’ils se mettront ça dans la tête ?

Alex se penche sur son ordinateur et pose la main dessus.

Alex – Ma parole, il chauffe cet ordi... Je me demande si j’ai bien fait de débrancher le ventilo, mais ça faisait un tel boucan. Pire qu’un réacteur d’Airbus au décollage. J’ai besoin de calme pour travailler, moi ! Oh la… Le clavier aussi il est brûlant. Ce n’est pourtant pas pour ce que je m’en sers que je vais faire fondre les touches… Tu ne vas pas me lâcher au moins, dis ? Pas maintenant ! Je compte sur toi, hein ? Bon, si je veux tenir le coup toute la nuit, il me faut un petit remontant, moi…

Alex met en route une cafetière électrique. Il s’assied ensuite à nouveau devant sa table de travail.

Alex – Bon alors où j’en étais… (Lisant ce qu’il y a sur l’écran). Ce n’est pas possible ! C’est vraiment moi qui ai écrit ça avant de m’endormir ? Trois lignes ! Je crois que j’aurais mieux fait de ne jamais me réveiller…

Son portable sonne à nouveau.

Alex – Oui… Ah oui… Oui, bonjour Monsieur… Oui, oui, je sais… Non, mais je vous assure que je vais combler très rapidement ce petit découvert... Combien vous dites ? Ah oui quand même. Je comprends que vous soyez un peu inquiet… Si, si, moi aussi, ça m’inquiète, bien sûr, mais… Écoutez, je m’apprête à rendre un scénario, là, et j’aurai un gros chèque à déposer dès demain matin… Oui… Absolument… Tout à fait… Merci… Oui, demain matin sans faute, je vous le promets… Bonne soirée à vous… Et merci au Crédit Mutuel, qui forme avec ses clients une grande famille, solidaire avec ses membres momentanément dans le besoin. (Il range son portable) Je crois que le café ne va pas suffire…

Il se relève et sniffe une petite ligne de coke. Après quoi il se dirige vers la cafetière.

Alex – C’est ce que je viens de me fourrer dans le pif, ou elle dégage une odeur de cramé, cette cafetière ? C’est pourtant du Café Grand-Mère, comme d’habitude…

Alex se rend compte que c’est l’ordinateur qui se met à fumer. Il hésite un instant, ne sachant pas quoi faire. Puis il s’empare de la cafetière et jette son contenu sur l’ordinateur pour éteindre l’incendie.

Alex (soupirant) – Ouf… Heureusement que j’ai eu le bon réflexe…

Il se ravise et s’approche de l’ordinateur pour l’examiner.

Alex – Je me demande si c’était vraiment le bon réflexe, finalement… (Il appuie sur plusieurs touches du clavier) Ça ne marche plus… Tout à l’heure quand j’appuyais là dessus, il y avait des lettres qui apparaissaient sur l’écran, et là plus rien…

Il se lève, désemparé.

Alex – Dans un sens, heureusement que je n’avais encore rien écrit, j’aurais tout perdu… On peut dire que dans mon malheur, j’ai encore eu de la chance… Bon, ce n’est pas avec ce qu’il me reste sur mon compte en banque que je vais pouvoir m’acheter un autre ordi. Et surtout, je n’ai plus le temps. (Il se penche à nouveau sur l’ordinateur) Ouh la la… Incendie plus inondation… C’est Fukushima, là-dedans… J’espère que c’est réparable quand même…

Il saisit un annuaire et le consulte.

Alex – Voyons voir… Informatique… Réparation… Dépannage… Ah, voilà ! Joker Dépannage... Ça ou autre chose… (Il compose le numéro sur son portable) Oui… Oui, bonjour, je… J’ai une petite panne sur mon ordinateur et… Ça ne doit pas être grand chose, mais… Tout de suite ? Parfait… Oui, je suis au 9 rue Jules Ferry à… C’est ça, oui… Ah vous connaissez ? Très bien alors je vous attends…

Il range son portable.

Alex – Je crois que ce n’était pas le bon moment non plus pour arrêter de fumer…

Il sort la dernière cigarette d’un paquet et la place entre ses lèvres.

Alex (plus gravement) – Ce sera ma dernière cigarette… (Froissant le paquet vide) La cigarette du condamné… Jusqu’à maintenant, j’ai toujours réussi à m’en sortir d’une façon ou d’une autre à la dernière minute, mais là… Pourquoi j’ai l’impression désagréable que cette fois, j’ai touché le fond ? Je me sens comme un joueur de poker qui aurait déjà abattu tous ses atouts et qui n’aurait plus droit à un joker. Oui, je sais, les atouts c’est à la belote et les jokers… Je suis vraiment trop nul…

Il sort un revolver d’un tiroir, et se plaque le canon contre la tempe. Un homme surgit alors brusquement devant lui. Quelques détails dans son allure rappellent Alex, en plus âgé, avec une touche délirante, qui fait que le personnage évoque aussi l’idée d’un joker au sens théâtral (un bouffon). Il porte un bonnet façon joker et un T-Shirt avec écrit dessus Joker.

Joker – Non, ne faites pas ça !

Alex sursaute.

Alex – Vous êtes dingue ! J’ai failli mourir d’une crise cardiaque…

Joker – Justement… C’est pour vous empêcher de faire une bêtise que je suis là.

Alex – Une bêtise ? Je ne vous ai pas attendu pour en faire, malheureusement…

Il dirige le revolver vers l’intrus.

Alex – Mais au fait vous êtes qui, vous ? Et comment vous êtes entré ?

Joker – La porte était ouverte... Je suis là pour vous aider, croyez-moi. Je suis votre joker...

Alex – Mon joker ?

Joker – Joker Dépannage ! Je suis le réparateur informatique…

Alex – Le dépanneur ? Déjà ?

Joker – J’ai pensé que c’était une urgence…

Alex – Vous m’avez fait peur…

Alex allume sa cigarette avec le revolver qui s’avère être un briquet…

Joker – Vous aussi… Mais je me suis peut-être un peu emballé…

Alex – Non, non, c’est une urgence, je vous assure… (Alex jette un regard à son revolver briquet et comprend). Ah, d’accord, vous avez cru que… Non mais on ne se suicide pas à cause d’une panne informatique, quand même…

Joker – Vous savez, dans mon métier, on voit toutes sortes de choses…

Alex le regarde avec un air suspicieux.

Alex – Mais vous n’êtes pas un peu vieux pour un informaticien… Je m’attendais à voir débarquer un geek qui ressemblerait à mon neveu… Mais vous vous ressemblez plutôt à mon père…

Joker – Oui, on me le dit souvent…

Alex écarquille les yeux.

Alex – Souvent ?

Joker – Si on jetait un coup d’œil à cet ordinateur…

 

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