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Ce petit moment de panique, le 31 décembre, quand on n’a aucun plan pour la soirée... On est prêt à accepter n’importe quelle invitation pour ne pas fêter la nouvelle année tout seul. Au risque de passer le pire réveillon de sa vie...

ISBN 978-2-37705-011-6

Octobre 2016

56 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

 

 

 

 

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Salon d’un appartement vide, néanmoins préparé pour une fête de nouvel an low cost (décoration kitsch, maigre buffet). Quelques cartons épars pouvant servir de sièges ou de tables. Contre une cloison, un panneau contre lequel sont accrochées des pipes de formes diverses. En fond de scène, une tente Quechua. Le téléphone sonne. Le répondeur se déclenche.

Sissi (off) – Bonjour, vous êtes bien chez Sissi. Je ne peux pas vous répondre pour l’instant, j’ai décidé de me suicider. Pas la peine de laisser un message non plus, je ne pourrai pas vous rappeler.

Invitée 1 (off) – Très drôle, ton message, bravo. Écoute, je t’appelle pour te dire que... je suis vraiment désolée, mais je ne pourrai pas venir chez toi ce soir pour le réveillon. J’avais complètement oublié, mais j’ai une autre invitation. Voilà, allez, bonne soirée à toi, bonne année, et surtout bonne santé.

La toile de tente s’ouvre, laissant apparaître Sissi, tel un zombie sortant de sa boîte. Sissi est un garçon à la sexualité ambiguë et au teint blafard. Sissi avale coup sur coup toute une boîte de cachets, avant de disparaître à nouveau dans la tente. Le téléphone sonne encore.

Sissi (off) – Bonjour, vous êtes bien chez Sissi. Je ne peux pas vous répondre pour l’instant, j’ai décidé de me suicider. Pas la peine de laisser un message non plus, je ne pourrai pas vous rappeler.

Invité 2 (off) – Oui, salut Sissi, j’espère que tu vas bien. Je voulais juste te prévenir que finalement, pour ce soir, ça ne va pas être possible. J’ai une amie qui... Bref, ça ne va pas le faire. Allez bonne soirée ma poule, et à l’année prochaine peut-être.

Sissi réapparaît pour avaler le contenu d’une deuxième boîte de cachets, avant de disparaître à nouveau dans la tente.

Noir suggérant une ellipse. Lumière.

Bruit de sonnette. Personne ne vient pour ouvrir. Alex, la parisienne (ou le parisien), style branché décontracté, arrive avec une bouteille de mousseux. Elle jette un regard circonspect sur les lieux avant de pénétrer dans la pièce.

Alex – Il y a quelqu’un ?

Comme personne ne répond, après avoir jeté un regard intrigué sur la tente, elle va vers le buffet situé du côté opposé. Pendant qu’elle a le dos tourné arrive Pat, la provinciale un peu coincée, qui a fait un effort de toilette de plus ou moins bon goût pour le réveillon. Elle a une bouteille de champagne à la main. Alex, qui ne l’a pas entendue entrer, hésite un peu avant de prendre une poignée de cacahuètes. Elle se retourne et sursaute en apercevant Pat.

Alex – Oh putain, tu m’as fait peur...

Pat – Désolée, la porte était ouverte, je suis entrée.

Alex – Ok.

Pat – Je... suis une amie de Chris. C’est elle qui m’a invitée.

Alex – D’accord... Apparemment, elle n’est pas encore arrivée.

Pat – Non... J’espère que ça ne vous dérange pas.

Alex – Que Chris ne soit pas encore arrivée ?

Pat – Qu’elle m’ait invitée.

Alex – Ah non, mais... ce n’est pas chez moi, ici. Moi je suis une amie de... Enfin, j’ai oublié son nom mais... Bref, comme je n’avais pas de plan pour le réveillon, c’est elle qui m’a proposé de venir.

Pat – Visiblement, elle n’est pas encore là non plus.

Alex – Non... Je ne l’ai jamais vue mais bon... Si je la vois, je la reconnaîtrai sûrement. Enfin j’espère...

Pat – Qui ça ?

Alex – Eh ben... La fille qui m’a invitée. Celle dont j’ai oublié le nom et qui n’est pas encore là.

Pat – Ah oui... Remarquez, ce n’est pas toujours évident de reconnaître quelqu’un qu’on n’a jamais vu, comme ça dans la foule...

Alex – La foule...

Pat – Je plaisante. Comme pour l’instant on n’est que deux...

Alex (se présentant) – Je m’appelle Alex.

Pat – Pat.

Silence. Alex regarde autour d’elle.

Alex – Je ne sais pas du tout chez qui on est, en fait... Je ne sais déjà pas qui m’a invitée.

Pat – J’avoue que moi non plus. Enfin, moi je sais qui m’a invitée, mais...

Alex – Les plans pourris du réveillon... Tous les ans c’est pareil. On a peur de se retrouver toute seule, comme une conne...

Pat – Oui...

Alex – J’avais un plan, mais... il est tombé à l’eau au dernier moment. Alors c’est le plan B...

Pat – Je vois...

Alex – Et toi ?

Pat – Ah non, moi je.. Je n’avais pas de plan A. Et donc vous...

Alex – On se tutoie, non ?

Pat – Ok. Donc tu... Tu ne sais pas du tout où on est ?

Alex – Non... Enfin si, je sais où on est, mais... On m’a juste envoyé l’adresse...

Pat – Oui moi aussi... C’est une collègue qui...

Alex – Chris.

Pat – C’est ça... Mais vous êtes vraiment sûre que... Je veux dire, tu es vraiment sûre que c’est là ?

Alex – Qu’est-ce qu’on t’a donné comme adresse.

Pat lui tend un bout de papier. Alex regarde.

Alex – Ça a l’air d’être ça.

Pat – On s’est peut-être trompé d’étage.

Alex – Bof... Il y a un buffet, non ? Là ou ailleurs...

Pat – Oui...

Alex – On t’a dit que c’était une soirée habillée ?

Pat – Je ne sais pas. Non. Pourquoi ?

Alex – Non, comme tu es sapée plutôt...

Pat – C’est le réveillon, non ?

Alex – Moi je suis venue comme ça.

Pat – Oui... Tout de même, c’est bizarre.

Alex – Quoi ?

Pat – Il n’y a personne.

Alex – Ouais, je ne sais pas...

Pat – Ils n’ont peut-être pas entendu.

Alex – Pas entendu ? Tu veux dire...

Pat – Ceux qui nous ont invitées... Enfin, ceux chez qui on est...

Alex – Ou alors, ils sont à côté... Ils n’ont pas fini de se préparer.

Pat – À côté, ça n’a pas l’air très grand.

Alex – Dans la salle de bain, peut-être.

Pat – C’est pour ça qu’ils ont laissé la porte ouverte. Pour qu’on puisse entrer en attendant.

Alex – Ouais.

Silence embarrassé. Le regard de Pat s’arrête sur la tente.

Pat – C’est curieux... C’est quoi, cette tente ?

Alex – Je ne sais pas... C’est peut-être la chambre d’amis...

Pat – Oui... Pour ceux qui préféreront passer la nuit ici après la fête.

Un temps.

Alex – Tu as amené du champ.

Pat – Oui.

Alex – Cool.

Pat – On m’a dit de venir avec une bouteille. Toi aussi, j’imagine...

Alex – Oui. Enfin, on ne va pas ouvrir une bouteille de champ tout de suite...

Pat – Non. Surtout que ça ferait du bruit. Je veux dire avec le bouchon.

Alex – Ça les ferait peut-être venir. (Elle s’approche du buffet) Il y a de la sangria. C’est silencieux, la sangria. Tu en veux ?

Pat – On va peut-être attendre qu’ils arrivent, non ?

Alex – Ouais, tu as raison...

Pat – C’est vrai qu’il n’y a pas foule.

Alex – Dire que l’idée c’était de ne pas passer le réveillon toute seule.

Pat – On sera au moins deux... C’est quand même bizarre. Il n’est pas loin de onze heures. Ils ne sont pas déjà couchés, quand même.

Alex – Ou alors ils sont en train de niquer. (Pat la regarde un peu choquée) On va attendre qu’ils aient fini. Ils vont certainement pas tarder.

Pat – Je ne sais pas...

Alex – Tu as un autre plan pour le réveillon ? Je veux dire, une soirée où tu pourrais m’inviter ?

Pat – Non... Je te dis, pas de plan B...

Alex – Quelle heure il est ?

Pat – Il y a cinq minutes il était onze heures (Regardant sa montre) Il est onze heures cinq.

Alex – Dans ce cas, on n’a plus le choix. Si on ne veut pas finir l’année toutes seules.

Pat – On sera au moins deux.

Alex – On l’a déjà dit, non ?

Pat – Oui, peut-être...

Un temps.

Alex – Ce petit moment de panique, le 31 décembre vers 20 heures quand on n’a pas de plan pour le réveillon. Il y aurait de quoi se suicider, non ?

Pat – Oui... D’ailleurs il y a une recrudescence de suicide le soir du réveillon, tu savais ?

Alex – Non, mais ça ne m’étonne pas du tout. Comment tu sais ça ? Tu es croquemort ?

Pat – Je suis facteur.

Alex – Facteur ?

Pat – Enfin factrice. Et j’ai remarqué qu’on distribue beaucoup plus de faire-part au mois de janvier.

Alex – Tu ne confonds pas avec les cartes de vœux ?

Pat – Je viens de Bretagne... C’est là où j’ai passé mon concours.

Alex – Il y a un concours pour devenir facteur ?

Pat – Ben oui... Il faut croire que je ne l’ai pas trop bien réussi. J’avais demandé Concarneau, j’ai été affectée dans le dix-neuvième arrondissement.

Alex – D’accord... Mais dis-moi, ils ne font pas un bal, les postiers, pour la Saint-Sylvestre ?

Pat – Les postiers ? Non, le bal, c’est les pompiers.

Alex – C’est ça... Les pompiers...

Pat – Je ne connais personne à Paris. Alors Chris m’a dit que...

Alex – Ah ouais...

Pat – Et toi ?

Alex – Moi, je suis née à Paris. Mais je te rassure, je ne connais personne non plus...

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