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Humour absurde.

Comédie à sketchs (2 personnages par saynète)

ISBN 979-10-90908-85-7

Octobre 2016

108 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

 

 

 

 

 

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1 – Là et au-delà

Un personnage seul en scène. Il attend et ne sait pas quoi faire.

In - Excusez-moi... Il y a quelqu'un?

Après un temps, une voix off lui répond.

Off - Non...

In - Ah, ok, je... Bon...

Il attend encore un instant.

In - Je suis désolé de vous déranger, mais... Ça fait déjà un petit moment que j'attends et...

Off - Oui...

In - Enfin, j'ai un peu perdu la notion du temps... Je suis là depuis que... Enfin, vous savez... Et je me demandais si...

Off - Oui...

In - Est-ce que je suis... au paradis... ou en enfer?

Off - À votre avis?

In - Le purgatoire?

Off - Non.

In - Les limbes?

Off (étonné) - Les limbes?

Le personnage paraît désemparé.

In - Mais alors où?

Off - Nulle part.

In - Nulle part?

Off - Nulle part.

In - Mais... jusqu'à quand?

Off - Jusqu'à ce que ça commence.

In - Alors ça n'a pas encore commencé?

Off - Non.

In (semblant comprendre) - Ah, d'accord...

Un temps pendant lequel il tente d'assimiler cette information.

In - Mais qu'est-ce qui n'a pas encore commencé?

Off - Je peux vous poser une question, moi aussi?

In - Oui...

Off - Qu'est-ce que vous foutez là?

Air interloqué de celui qui est là.

In - Alors ça, je... J'ai complètement oublié...

Off - Mais vous êtes qui?

In - Franchement... Je n'en ai aucune idée...

Un temps.

Off - Alors ça va pouvoir commencer.

Noir.

2 - Salle d'attente

Elle est là. Il entre.

Lui (avec une amabilité convenue) - Bonsoir.

Elle (simplement polie) - Bonsoir...

Il fait les cent pas en examinant les lieux, un  peu gêné.

Lui - Vous avez rendez-vous à quelle heure?

Elle - Je suis un peu en avance...

Un temps.

Lui - Vous n'avez vu personne?

Elle - Non.

Lui - Bon...

Un temps.

Lui - C'est mon premier rendez-vous... Elle est comment...?

Elle - Elle?

Lui - C'était une femme, au téléphone...

Air dubitatif de la femme, qui ne répond pas.

Elle - Ils sont peut-être deux...

Lui - Alors pour vous aussi, c'est... la première fois.

Elle ne répond pas.

Lui - Oh... Un homme ou une femme... Le principal, c'est qu'ils soient compétents...

Sourire un peu forcé de la femme. Et nouveau silence embarrassé.

Lui - Je peux vous céder ma place, si ça vous arrange... Comme vous étiez là avant moi...

Elle (froidement) - Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Lui - Pardon... Je vous laisse tranquille... C'est parce que je suis un peu nerveux...

La femme semble culpabiliser de l'avoir rembarré.

Elle - Moi aussi, je suis nerveuse... J'ai horreur d'attendre...

Lui - C'est pour ça que vous arrivez en avance à vos rendez-vous...

La femme se demande comment elle doit le prendre. Il jette un regard vers une pendule qui peut rester imaginaire.

Lui - C'est la première fois que je vois une pendule dans une salle d'attente...

Il regarde sa montre.

Lui - Ils ont oublié de la remettre à l'heure...

La femme ne prête guère attention à ces propos.

Lui - C'est bizarre... de mettre dans une salle d'attente une pendule qui n'est même pas à l'heure... Remarquez, eux non plus, ne sont jamais à l'heure, alors...

Un temps.

Lui - Ça doit faire partie du jeu...

Elle - Quel jeu?

Lui - De nous faire attendre, comme ça... Ce n'est pas pour rien qu'on nous appelle des patients...

Un temps.

Lui (inquiet) - Vous n'avez pas entendu quelque chose?

Elle - Non...

Il va vers la porte par laquelle il est entré et actionne la poignée, sans parvenir à l'ouvrir.

Lui - Fermée...

Elle (très inquiète) - Fermée? Vous voulez dire... à clef?

Lui - Cette fois, on ne peut plus reculer...

Il va vers la porte située de l'autre côté, qu'on suppose être celle du cabinet, et tente d'actionner la poignée, sans plus de résultat. Il se retourne vers la femme.

Lui - Fermée aussi...

La femme prend conscience de la situation et commence à paniquer.

Elle - Pourquoi ils nous ont enfermés comme ça? Je suis claustrophobe...

Il voudrait bien la réconforter, mais commence à être très inquiet lui aussi.

La femme regarde autour d'elle, paniquée.

Elle - Il n'y a aucune fenêtre... On va mourir étouffés...

Lui (prenant sur lui) - Mais non, voyons... Et puis on a nos téléphones portables...!

Elle - Je n'ai pas de téléphone portable...

Lui - Mais moi, si!

Il sort son téléphone portable et tente de composer un numéro, mais déchante bientôt.

Lui - Mince, je n'ai plus de batterie... (Tentant de rester confiant, malgré tout) Mais il doit bien y avoir une prise quelque part...

Ils se mettent à chercher tous les deux, d'abord debout, puis à genoux.

Elle - Je ne vois rien... Et vous?

Lui (depuis le derrière du canapé) - Non... Ah si...

Il se relève et brandit quelque chose.

Lui - J'ai trouvé un  préservatif...

Elle - Vous croyez vraiment que c'est le moment?

Lui - Excusez-moi...

Elle - Alors qu'est-ce qu'on fait?

Lui - Pour l'instant, à part attendre... Ils vont peut-être revenir...

Ils se calment un instant, résignés.

Elle - Pourquoi vous êtes venu, vous?

Il la regarde, un peu pris de court.

Elle - Excusez-moi... D'ailleurs, moi non plus, je ne sais pas très bien ce que je fais là... Mais c'est une raison suffisante pour être venue, non...? Je veux dire, de ne pas savoir ce qu'on fait là...

Elle semble au bord de l'évanouissement.

Lui - Allongez-vous...

Elle s'apprête à s'allonger, comme sur le divan d'un psy, mais a soudain un mouvement de recul.

Elle - C'est vous?

Lui - Comment ça, moi?

Elle - Alors tout ça, c'est une mise en scène pour me déstabiliser?

Lui - Je vous proposais seulement de vous allonger un peu, pour vous reposer...

Elle - Excusez-moi, je commence à délirer...

La femme regarde la pendule et semble comprendre quelque chose

Elle - Mais, j'y repense... Ce n'est pas hier soir, qu'on changeait d'heure?

Lui - Si...

Elle - J'ai complètement oublié d'avancer ma montre!

Lui - Et alors?

Elle - Alors j'ai une heure de retard! Moi qui pensais être en avance! Voilà pourquoi mon psy est déjà parti! Il a dû fermer les portes en partant, en pensant qu'il n'y avait plus personne...

Lui - Votre psy...? On n'est pas dans un cabinet dentaire?

Elle - Le dentiste, c'est en face...

Lui - Non?

Elle - Ah, si!

Il porte brusquement sa main à sa joue.

Lui (avec une grimace de douleur) - Aouh...! Ça y est, c'est reparti...

Elle - Quoi?

Lui - Ma dent de sagesse! C'est pour ça que je suis venu!

Elle - Vous, au moins, vous savez pourquoi vous êtes là...

Lui - Oui, enfin... Venir chez un psychanalyste pour se faire ôter une dent de sagesse...

Elle - C'est son nom qui a dû vous induire en erreur...

Lui - Son nom...?

Elle - Le Docteur Adam... C'est vrai qu'on peut confondre...

Il la regarde sans comprendre.

Elle - À Dents! On pense plutôt à un dentiste...

Lui - Je n'avais jamais pensé à ça... Et la dentiste...?

Elle - C'est moi...

Lui - Pardon...?

Elle - On peut-être dentiste et avoir besoin d'un psy, vous savez... C'est rare, mais... Ça peut arriver...

Lui - Mais alors... vous allez pouvoir faire quelque chose pour moi...

Elle (interloquée) - C'est que... Je ne suis pas dans mon cabinet... Je n'ai pas mes instruments...

Elle semble se raviser.

Elle - Faites voir...

Il ouvre la bouche et elle regarde.

Elle - Ah, oui, c'est très enflammé... Et ça bouge déjà pas mal. Peut-être qu'en tirant un peu dessus.

Lui - Aïe!!! (Il referme la bouche) Vous êtes sûr que vous êtes dentiste?

Elle (blessée) - Vous me prenez pour une affabulatrice, c'est ça... Alors pour vous, parce qu'on va voir un psy, on est complètement fou...

Lui - Mais pas du tout... C'est juste que... Vous m'avez fait mal, c'est tout...

Elle - Eh oui... C'est ce que j'entends toute la journée, figurez-vous. Vous m'avez fait mal... Comme si je leur faisais mal par plaisir...

Il se tient la joue.

Lui - Pourquoi on appelle ça des dents de sagesse, au juste...?

Elle - Parce qu'elles poussent à l'âge de raison, j'imagine...

Lui - Alors pourquoi faut-il absolument que ça fasse un mal de chien, les dents de sagesse, au point qu'on soit obligé de se les faire enlever...?

Elle - Vous êtes vraiment psy...?

Lui - On peut être psy et avoir mal aux dents, vous savez... Excusez-moi d'insister, mais... Vous êtes sûre qu'on n'est pas dans un cabinet dentaire...?

Elle - Alors je serai enfermée dans ma propre salle d'attente, en pensant que je suis dans un cabinet de psy...? Vous me prenez vraiment pour une folle!

Silence.

Lui - En même temps, il n'y a rien qui ressemble autant à une salle d'attente qu'une autre salle d'attente... Et la pendule n'a pas été remise à l'heure... Comme votre montre...

Elle (fermement) - Le dentiste, c'est à droite, et le psy à gauche!

Lui - Bon, bon...

Pour se donner une contenance, il parcourt la pièce et se plante devant une reproduction de tableau (qui peut rester imaginaire).

Lui - Le Cri... Un grand classique des salles d'attente... Ça marche aussi bien pour les dentistes que pour les psychanalystes...

Elle - Oui... J'ai le même dans ma salle d'attente... (Elle le regarde, prise d'un doute,  fouille dans sa poche et en sort une clef) Je vais quand même vérifier... J'ai la clef de mon cabinet dans ma poche... (Elle se dirige vers la porte et l'ouvre sans difficulté) Vous me suivez, Docteur...? On va s'occuper de cette dent de sagesse...

Il la regarde, interloqué. Noir.

3 – Blanc

Deux personnages (hommes ou femmes), regardant peut-être une affiche.

Un - Blanc... Drôle de nom...

Deux - Ça inspire confiance. Blanc... Ça fait penser à une marque de lessive...

Un - Ouais... Mais quand on se présente aux élections... "Votez Blanc"... Comme slogan pour se faire élire, y'a mieux, non?

Deux - En même temps, comme il n'a pas de programme très défini...

Un - Tu crois qu'il peut être élu...

Deux - Il incarne parfaitement les aspirations de la majorité silencieuse... Ça peut lui permettre de mobiliser les abstentionnistes. Et puis il a la tête de Monsieur Toutlemonde... Les gens se reconnaissent en lui... Ça les rassure...

Un - Mais qu'est-ce qu'il va faire, s'il arrive au pouvoir?

Deux - Ah, ça, il a clairement annoncé la couleur. Rien! Et il a juré que cette fois, les promesses électorales seront tenues.

Un - Mais alors pourquoi il se présente, exactement?

Deux - Pour faire triompher ses idées!

Un - Ses idées...?

Deux - Il milite depuis des années pour que le vote blanc soit reconnu comme un vote à part entière... Comme il n'a pas obtenu satisfaction, il a décidé de se présenter lui-même... C'est vrai que c'est assez courageux. Au moins, il va au bout de sa démarche...

Un - Et toi, qu'est-ce que t'en penses?

Deux - Je suis partagé...

Un - Tu vas t'abstenir?

Deux - C'est ce que je fais depuis des années, mais là... Ce serait une façon de cautionner ses idées... Non, je suis encore indécis...

Un - Je suis un peu du même avis que toi... Aujourd'hui, quand on a des vraies convictions... C'est difficile de pas être récupéré...

Noir

 

4 - Ça ne veut rien dire

Un homme et une femme.

Homme - Je me demande si mon patron n'est pas en train d'essayer de me virer.

Femme - Non...

Homme - Quand je le croise dans les couloirs, il ne me dit plus bonjour. Avant on déjeunait ensemble au moins une fois par semaine...

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... Il est peut-être débordé. Ou alors, il fait un régime.

Homme - Je ne sais pas... Il s'est mis à me vouvoyer. Alors que jusque là, il me tutoyait.

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... C'est plutôt une marque de respect, non ? Ça montre qu'il vous prend au sérieux.

Homme - Quand même... Il vient de me retirer un gros dossier dont je m'occupais, pour le refiler au type qu'il vient d'embaucher...

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... Il ne veut pas que ses employés soient surmenés, c'est tout à son honneur. C'est sûrement pour ça qu'il a recruté quelqu'un pour vous épauler.

Homme - Ouais... Ben alors là, je ne suis plus surmené du tout. En fait, depuis une semaine, je n'ai plus aucun dossier à traiter. On me les a tous retirés les uns après les autres.

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... Il veut peut-être que vous soyez complètement disponible pour la prochaine mission très importante qu'il aura à vous confier...

Homme - Je ne suis pas sûr. J'avais un grand bureau au dernier étage, juste à côté du sien. Maintenant, on m'a installé au sous-sol, dans une pièce sans fenêtre. C'est au nouveau, justement, que le patron a refilé mon bureau...

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... Et puis au moins, vous ne l'avez plus sur le dos toute la journée. Vous êtes plus indépendant...

Homme - Ah, oui, là, c'est sûr. Je peux faire ce que veux. Je ne reçois pas une visite de la journée. Je passe mon temps à jouer à des jeux en ligne sur mon ordinateur. Enfin j'ai arrêté. On m'a coupé l'accès à internet hier...

Femme - Oh, ça ne veut rien dire, hein... Les fournisseurs d'accès, c'est souvent en panne, c'est connu.

Homme - Le pire, c'est que je me demande s'il ne couche pas avec ma femme.

Femme - Non...?

Homme - Je ne sais pas... Hier, vers trois heures de l'après-midi, je l'ai vue sortir d'un petit hôtel avec lui... Vous me direz que ça ne veut rien dire...

Femme - Mmm... Là, c'est peut-être un signe, quand même...

Noir.

 

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