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Réveillon au poste de Jean-Pierre Martinez

La nuit de Noël, deux inspecteurs sont de garde, avec pour seule compagnie quelques naufragés du réveillon. C’est alors que le Ministre de l’Intérieur débarque dans leur commissariat, pour rendre hommage au dévouement des forces de l’ordre. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu…

Ouvrage publié aux Editions La Comédiathèque
ISBN 978-2-37705-005-5
Octobre 2016
48 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

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Un bureau glauque dans un commissariat sans âge. Dans un coin, un sapin de Noël pathétique supposé apporter une touche de gaîté dans cette ambiance de mauvaise série télé. Deux flics débraillés, portant chacun une arme dans un holster, terminent une partie de poker sur un bureau. Le premier abat ses cartes.

Flic 1 (confiant) – Paire de dames.

Flic 2 – Paire de rois.

Flic 1 – Et merde…

Il enlève sa ceinture et la donne à l’autre.

Flic 1 – Je m’arrête là… Je ne vais quand même pas jouer mon pantalon…

Flic 2 – Tu as raison… Si le chef arrivait et te trouvait en calbute, ça pourrait prêter à confusion…

Ils rangent les cartes.

Flic 1 – Il est quelle heure ?

Flic 2 – Tu m’as déjà demandé ça il y a cinq minutes. Il était dix heures moins cinq.

Flic 1 – Et alors ? Il est quelle heure maintenant ?

Flic 2 (montrant son front) – Il n’y a pas marqué horloge parlante, là !

Flic 1 – Je t’ai donné ma montre, tu peux au moins me donner l’heure !

Flic 2 – Je l’ai gagnée honnêtement. Avec un brelan d’as.

Flic 1 – Honnêtement, ça reste à voir… Et puis à quoi ça te sert d’avoir une montre à chaque poignet ?

Agacé, l’autre retire une des montres de son poignet.

Flic 2 – Tu me fais pitié, va… (Il balance la montre) Tiens, la voilà ta toquante...

Le premier ne parvient pas à rattraper la montre qui tombe par terre. Il la ramasse et la porte à son oreille.

Flic 1 – Et voilà, maintenant elle ne marche plus.

Flic 2 – Heure du décès ?

Flic 1 (regardant la montre) – Dix heures.

Flic 2 – Et bien maintenant, tu sais l’heure qu’il est…

Un temps.

Flic 1 – C’est calme, non ?

Flic 2 – C’est toujours calme à cette période de l’année…

Flic 1 – La trêve des confiseurs, comme on dit.

Flic 2 – Même les serial killers respectent les traditions… Ils doivent être en train de découper la dinde…

Flic 1 – Pourquoi il a encore fallu que ça tombe sur nous   cette année ?

Flic 2 – On a tiré ça à la courte paille avec les collègues. Mais tu as raison, c’est louche. Ça fait quand même trois années de suite qu’on est de garde le soir de Noël…

Flic 1 –Tu crois qu’ils ont triché ?

Flic 2 – L’année prochaine on fera ça au poker.

Flic 1 – Comment on fait pour tricher à la courte paille ?

Flic 2 – Console-toi en te disant qu’à l’heure qu’il est, tu pourrais être en train d’ouvrir des huîtres pour tes beaux parents.

Flic 1 – C’est vrai que je n’aime pas trop ça, les huîtres, moi.

Flic 2 – Personne n’aime ça ! Et puis c’est très dangereux, une huître…

Flic 1 – On n’a jamais vu personne porter plainte parce qu’il s’était fait attaquer par une huître.

Flic 2 – D’après les statistiques du Ministère de l’Intérieur, beaucoup plus de policiers se blessent en ouvrant des huîtres qu’en nettoyant leur arme de service.

Flic 1 – Ah, ouais…?

Flic 2 – Le jour de Noël, on se fait chier partout... C’est pour ça que les gens sont condamnés à rester chez eux à ouvrir des huîtres au péril de leur vie. Alors qu’ils détestent ça, et leurs invités aussi.

Flic 1 – Tu as raison, on est plus peinard ici.

Flic 2 – De toute façon, on n’a pas le choix. On est de garde jusqu’à demain matin huit heures.

Flic 1 – Il faut bien que quelqu’un se dévoue pour veiller sur les honnêtes gens qui picolent en famille.

Flic 2 – On est des super héros, mon vieux, il faut assumer.

Flic 1 – Même si personne ne reconnaît la valeur de notre sacrifice.

Flic 2 – Les soldats, sur les théâtres d’opérations extérieures, tous les ans à Noël ils ont droit à la visite du Président de la République, en hélicoptère, avec dans sa hotte du champagne, du foie gras et des strip teaseuses.

Flic 1 – Du foie gras, tu crois ?

Flic 2 – Nous, les soldats de l’intérieur, on n’a même pas droit à la visite du préfet et de sa femme avec une bouteille de mousseux.

Flic 1 – Pourtant, la nuit du réveillon, il y a sûrement plus de bagnoles qui brûlent ici qu’à Bagdad ou à Kaboul.

Flic 2 – On a beau être des flics, on est des êtres humains, quand même… Nous aussi, le soir du réveillon, on a le cafard.

Flic 1 – On en a même plein, des cafards. (Il retire sa chaussure et écrase quelque chose avec) On ne sait pas comment s’en débarrasser…

Un troisième flic arrive (femme ou homme, style gay).

Flic 3 – Vous avez de la visite…

Flic 1 – De la visite ?

Flic 3 – Même les prisonniers ont droit à des visites, le soir du réveillon. Et je crois que cette année encore, vous allez avoir droit à votre petit colis de Noël…

Un homme entre à la suite du Flic 3. Il a une bouteille à la main.

Flic 1 – Oh putain non, pas lui…

Flic 2 – Ah, bonsoir Monsieur Dumortier, comment allez-vous ?

Collabo – Bonsoir, bonsoir… Je passe en coup de vent vous souhaiter un joyeux Noël. J’espère que je ne vous dérange pas ?

Flic 1 – Mais vous ne nous dérangez jamais, Monsieur Dumortier.

Flic 1 – Justement nous parlions de vous…  Enfin, nous parlions des cafards en général…

Flic 2 – Heureusement qu’il existe des citoyens vigilants comme pour vous pour assister la police dans sa noble mission.

Flic 3 – S’il y avait plus de gens comme Monsieur Dumortier, c’est sûr, la municipalité n’aurait même plus besoin d’investir dans la vidéosurveillance.

Flic 2 – Alors Monsieur Dumortier, qui venez-vous dénoncer aujourd’hui ? Un polygame   présumé? Un fraudeur aux allocations familiales ? Un orphelin sans papier ?

Collabo – Simple visite de courtoise. Je viens en voisin pour rendre hommage au dévouement des forces de l’ordre, dont vous êtes le bras armé.

Flic 1 – Mais je vois que vous n’êtes pas venu les mains vides…

Collabo – Je sais ce que c’est que de passer Noël tout seul loin de sa famille, la mienne ne veut plus me voir. Alors si je peux apporter un peu de réconfort aux soldats qui protègent notre pays contre les dangers qui le menacent de l’intérieur. Tenez, vous m’en direz des nouvelles…

Il pose sa bouteille sur un bureau.

Flic 1 – Ah mais dites-moi, c’est de la fabrication artisanale, on dirait. C’est écrit à la main, comme sur les pots de confiture Bonne Maman.

Flic 2 (lisant par dessus son épaule) – Alcool de châtaignes…

Flic 3 – Je ne savais pas qu’on pouvait faire de l’alcool avec des châtaignes…

Collabo – On peut faire de l’alcool avec tout, vous savez. Pendant la guerre, mon grand-père en faisait même avec des épluchures de pommes de terre et de vieilles semelles en cuir.

Flic 3 – Ah oui, 53 degrés, quand même… Ça ne doit pas être mal… Comme antiseptique, en tout cas.

Collabo – Pépé m’en a laissé quelques bouteilles en héritage avant d’être fusillé à la Libération. Quand celle-ci a été distillée, vous n’étiez même pas encore nés…

Flic 2 – Vous savez que c’est strictement interdit de fabriquer de l’alcool chez soi, Monsieur Dumortier. Nous pourrions vous mettre en garde à vue pour infraction à la législation sur les vins et spiritueux…

Dumortier semble inquiet.

Flic 3 – Mon collègue plaisante, évidemment…

Flic 1 – D’ailleurs, il y a prescription, n’est-ce pas ? Hélas, nous ne pourrons pas trinquer avec vous. Vous savez ce que c’est : jamais pendant le service !

Collabo – Vous la boirez à ma santé pour le Jour de l’An, alors. Si vous n’êtes pas de garde encore une fois… Allez, je me sauve… Vous devez avoir des tas de gens à mettre en prison…

Flic 3 – C’est vrai que les jours de réveillon, ici, c’est comme au théâtre. On affiche souvent complet. Je vous raccompagne, Monsieur Dumortier ?

Collabo – Je connais le chemin, mais bon…

Flic 2 – Vous êtes presque de la maison, pas vrai ?

Flic 1 – Et encore merci pour la bouteille !

Dumortier s’apprête à tourner les talons, mais se ravise.

Collabo – J’en profite quand même pour vous signaler que mon voisin de palier n’a pas encore acheté son éthylotest. Vous voulez le numéro de sa plaque d’immatriculation ?

Flic 2 – Nous sommes un peu débordés pendant cette période de fêtes. Et en sous-effectif. Mais revenez donc nous voir pour les étrennes…

Collabo – Je n’y manquerai pas. Et bonne soirée quand même…

L’homme s’en va, suivi du Flic 3.

Flic 1 – Et après, on va dire que les gens n’aiment pas la police…

 

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