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Catalogue

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Vendredi 13
Vous m'en direz des nouvelles
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CLASSIQUES

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BERTRAND T. L'Accord parfait
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BERTRAND T. Les Deux Canards
BERTRAND T. Théâtre sans directeur
BERTRAND T. Triplepatte
BERTRAND T. Un perdreau de l'année
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FEYDEAU La Lycéenne
HUGO Mille francs de récompense
LABICHE Si jamais je te pince
MIRBEAU Farces et Moralités
MIRBEAU Le Foyer
RENARD Monsieur Vernet
ROSTAND Les Romanesques
SAND Molière
ZOLA Thérèse Raquin

Strip Poker de Jean-Pierre Martinez

Inviter ses nouveaux voisins pour faire connaissance : un pari risqué qui peut coûter cher et donner lieu à une comédie poker où chacun doit mettre carte sur table…

 

Ouvrage publié par les Editions La Comédiathèque
ISBN 979-10-90908-69-7
Octobre 2016
58 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

Traduction disponible en anglais et en espagnol.

 

 

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LIRE LE DÉBUT

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Dans son salon, Marie, blonde plutôt sexy ayant fait un effort de toilette, dresse une table de fête pour quatre. Son portable sonne. Elle répond.

Marie (aimable) - Allo oui...? (Agacée) Ah, non, désolée, ce n'est pas Pierre, c'est Marie, sa femme... Vous êtes sur mon portable, là... Je peux lui laisser un message...? Très bien... Non, non, ce n'est pas grave...

Elle se remet à ses préparatifs avec une gaîté un peu survoltée. Son portable sonne à nouveau.

Marie (encore plus agacée) - Allo oui...? (Aimablement) Ah, salut Jérôme... Si, si, ça va... Mais je t'ai dit que j'avais arrêté de fumer...? Ben depuis ce matin... Non, je ne suis pas enceinte, rassure-toi, mais j'étais quand même à deux paquets par jour. Au prix où sont les cigarettes, j'ai calculé que dans un an, je pourrai me payer un safari au Kenya. Si je ne tiens qu'une semaine, je pourrai toujours m'acheter une carte orange deux zones. En tout cas, avec ce que j'ai déjà économisé aujourd'hui, je me suis payé un grand pot de Nutella... (Soupirant) Je ne pensais pas que ce serait aussi dur... Mais qu'est-ce que tu veux ? Maintenant, même au cimetière, tu n'as plus le droit de fumer... Eh bien Pierre, ça va. En attendant mieux... Non, je parlais de son boulot... Bon, excuse-moi, mais il va falloir que je te laisse, mon porc aux pruneaux est en train de dessécher. On se rappelle ? Tchao tchao...

Marie raccroche, hume l'air, et jette un regard inquiet vers les spectateurs.

Marie - Ça sent le gaz, non...?

Elle fonce à la cuisine. Pierre, look intello, arrive en sifflotant. Il enlève son imper, s'assied sur le canapé et feuillette Le Parisien dont le gros titre est : Le Portable Cancérigène ? Marie revient. Il repose le journal sur la table en hâte et se compose une mine tragique.

Marie (gaiement) - Salut !

Pierre (sinistre) - Salut...

Marie (voyant sa tête) - Ça ne va pas ?

Pierre - Je vais être licencié...

Marie - Licencié ! Mais pourquoi ?

Pierre - Délocalisation...

Marie - Oh, mince... Je suis désolée...

Il s'effondre sur le canapé.

Pierre (pathétique) - Tu ne vas pas me quitter, dis ?

Marie le prend dans ses bras pour le consoler.

Marie - Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je travaille, moi ! Tiens, je viens d'arrêter de fumer. Avec les économies qu'on va faire, tu pouvais déjà presque passer à temps partiel... Et puis s'il faut se serrer la ceinture, on se serrera la ceinture. (Une main sur le ventre) Je vais arrêter le Nutella...

Pierre (en rajoutant) - Je ne veux pas être à ta charge, tu sais... Je préférerais encore en finir...

Marie - Mais enfin, ne dis pas de bêtises... On est mariés, Pierre ! C'est pour le meilleur et pour le pire ! On gardera le meilleur pour la fin... Mais c'est dingue, qu'ils vous délocalisent comme ça, sans prévenir...

Pierre - Tu sais, maintenant... Avec la mondialisation...

Marie - Tout de même... Délocaliser la Bibliothèque Nationale... Mais où est-ce qu'ils vont la mettre ? C'est énorme, comme bâtiment...

Pierre - En Chine... Ils vont mettre tout ça en caisse, et la reconstruire dans une zone industrielle de la banlieue de Canton. Ils ont déjà commencé à démonter une tour...

Marie (catastrophée) - Non ?

Pierre - Si...

Marie - Mais qu'est-ce qu'ils vont faire de tous ces bouquins, les Chinois ? Ils ne vont rien y comprendre. Ils ne pourront même pas les ranger par ordre alphabétique...

Pierre - Toute la littérature française va être convertie en espéranto avec des traducteurs automatiques, et puis ils vont numériser tout ça et le stocker sur un énorme ordinateur central en forme de pagode. Évidemment, pour accéder aux données, il faudra payer un abonnement, comme pour Canal Plus. Quant au papier, il sera recyclé. Ça permettra au moins de ne pas couper les derniers hectares de forêt d'eucalyptus qui restent en Chine. (Soupirant) Enfin, si mon sacrifice permet de sauver quelques pandas...

Marie (anéantie) - Ce n'est pas vrai...

Pierre essaie encore un peu de garder son sérieux, puis se marre.

Pierre - Mais, non, évidemment ! Tu as vraiment cru une ineptie pareille ?

Marie (à la fois furieuse et soulagée) - Tu ne devrais pas plaisanter avec ça...

Pierre - C'est vrai que c'est pas le moment que je perde mon boulot. Ce n'est pas trop mal payé... et ça me laisse tout mon temps pour écrire... Tiens, d'ailleurs, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. Les Editions Confidentielles sont d'accord pour publier ma pièce !

Marie (feignant l'enthousiasme) - Les Editions Confidentielles... Génial !

Pierre – Oui enfin, à compte d'auteur... Il faut que j'en vende au moins quatre mille pour rembourser les frais d'impression. Quatre mille exemplaires, c'est vite parti, non ?

Marie - Entre tes parents et les miens... S'ils en prennent mille chacun !

Pierre se frotte les mains avec un sourire de satisfaction.

Pierre - Bon, on mange ? Ce soir, il y a Strip Poker...

Marie (désarçonnée) - Tu veux qu'on fasse un strip poker tous les deux ?

Pierre - Strip Poker, ce reality-show à la télé, tu sais bien !

Marie - Non...

Pierre - Ils invitent des couples. Chaque fois que l'un des conjoints juge plus prudent de ne pas répondre à la question que lui a posée l'autre, il doit enlever un vêtement !

Marie (soupirant) - Je ne comprends pas comment tu peux regarder des idioties pareilles...

Pierre - Oh, écoute... C'est la finale, ce soir !

Marie - Oui, ben finale ou pas, ça ne va pas être possible...

Pierre - La télé est en panne ?

Marie - Non... Mais tu ne vas pas pouvoir la regarder...

Pierre - Tu me prives de télé...?

Pierre aperçoit la table mise, pour quatre.

Pierre - Ne me dis pas que tu as invité tes parents ?

Marie - Les voisins.

Pierre - Les voisins ? Ils ont déménagé il y a un mois...

Marie - Les nouveaux voisins !

Pierre - Les nouveaux voisins ? Mais on ne les connaît pas !

Marie - Justement. J'ai croisé la dame à l'espace poubelles... Je me suis dit que ce serait l'occasion de faire connaissance.

Pierre - Pour quoi faire ?

Marie - Pour les connaître, c'est tout.

Pierre - Pour quoi faire, les connaître ?

Marie - C'est toujours bien de connaître ses voisins... On peut avoir des petits services à se rendre...

Pierre - Des services...? Quel genre de services ?

Marie - Je ne sais pas, moi... Arroser les plantes quand on n'est pas là...

Pierre - La seule plante verte que j'avais dans mon bureau, ton chat l'a bouffée dimanche dernier pendant qu'on déjeunait chez tes parents.

Marie - Ben justement ! S'il y avait eu quelqu'un pour nourrir mon chat, il n'aurait pas bouffé ta plante verte... Tiens, d'ailleurs, c'est bizarre, je ne l'ai pas vu de la journée, ce chat...

Pierre soupire.

Pierre (inquiet) - Ils ont des enfants, non ?

Marie - Trois, je crois...

Pierre - Ne me dis pas que tu les as invités aussi ?

Marie - Ils préfèrent sûrement rester tranquillement chez eux. (Ironique) Pour ne pas rater la finale de Strip Poker.

Pierre - Ne remue pas le couteau dans la plaie, tu veux...?

Marie - Et puis c'est juste à côté...

Pierre - Tu ne me parlais pas des voisins d’en face ?

Marie - Les voisins d’en face, ils se sont suicidés il y a six mois ! Tu ne te rappelles pas, tous ces camions de pompiers, en pleine nuit, les gyrophares, les sirènes ?

Pierre - Non...

Marie - Eh ben moi, ça m'avait réveillée. J'en fais des cauchemars, depuis... Ils avaient ouvert le gaz... Tout le quartier a failli sauter...

Pierre - Il y a vraiment des gens qui ne pensent pas aux autres... Et pourquoi, ils se sont suicidés, comme ça ? En couple ?

Marie - Va savoir... Il n'y avait peut-être rien de bien à la télé, ce soir-là... Peut-être que si on les avait invités...

Pierre - Ne me dis pas que tu as invité les voisins à dîner pour ne pas te sentir responsable au cas où ils décideraient de se suicider justement ce soir...?

 

 

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