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Catalogue

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Happy hour
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Vendredi 13
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MIRBEAU Le Foyer
RENARD Monsieur Vernet
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SAND Molière
ZOLA Thérèse Raquin

Piège à cons de Jean-Pierre Martinez

À l’approche des présidentielles, un parti en perdition dans les sondages désigne pour le représenter un con de service afin qu’il endosse la responsabilité du naufrage. Tout en promouvant en secret un candidat hors parti à qui se rallier après sa victoire. Mais le con s’avère imprévisible… et les électeurs aussi.

Ouvrage publié aux Editions La Comédiathèque
ISBN 978-2-37705-087-1  Avril 2017
83 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

 

Achat du livre

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Lire le début

Acte 1

Le QG de campagne du Parti social : un bureau meublé d’une table, de quelques chaises et d’un canapé. Arrivent Dominique, le chef du parti, qui a le bras gauche en écharpe, et Alex, sa conseillère en communication.

Dominique – Je viens d’avoir le Président, sa décision est prise. Il ne se représente pas.

Alex – Est-ce qu’il a vraiment le choix ?

Dominique – Évidemment, en tant que Premier ministre et chef de la majorité, je deviens le candidat naturel.

Alex – Mais tout le monde vous déteste...

Dominique – Merci de me le rappeler.

Alex – Je ne parlais pas de vous personnellement, mais du parti...

Dominique – Les électeurs sont des cons. Tous les cinq ans, ils sortent les sortants pour ne pas avoir tenu leurs promesses. En revotant pour ceux qui leur ont déjà menti cinq ans auparavant.

Alex – On appelle ça l’alternance...

Dominique – Moi, j’appelle ça la connerie.

Alex – Vous voulez mon avis ?

Dominique – Si je ne vous payais pas pour ça, je serais tenté de vous dire non...

Alex – C’est la fin de la Cinquième République...

Dominique – Surtout si c’est pour entendre des conneries pareilles.

Alex – Le bail de l’Élysée a été réduit de sept à cinq ans. Les présidents ont commencé par en faire deux. Après, ils faisaient le deuxième en colocation...

Dominique – Les derniers n’ont pas vu leur bail renouvelé...

Alex – Maintenant, ils déménagent d’eux-mêmes au bout de cinq ans avant d’être expulsés.

Dominique – Il faudrait au moins voter une loi pour instaurer une trêve hivernale.

Alex – J’ai une meilleure idée.

Dominique – Je ne sais même pas pourquoi je vous écoute encore...

Alex – Est-ce que vous avez vraiment le choix ?

Dominique – Je me demande si ce n’est pas en suivant vos conseils qu’on s’est fourrés dans un tel merdier...

Alex – Je crois que pour ça, vous n’aviez besoin de personne...

Dominique – Pardon ?

Alex – De toute façon, ces primaires, c’est une épreuve de natation dans la piscine du Titanic.

Dominique – Où vous voulez en venir avec vos métaphores à la con ?

Alex – Quel que soit le vainqueur, ça finira par un naufrage ! Voilà ce que je veux dire.

Dominique – C’est vrai qu’on est mal. Très mal... Et alors ? Vous avez un plan B ?

Alex – Le plan B, c’était vous. Et il faut bien avouer que c’était un plan pourri.

Dominique – Je vous remercie.

Alex – Donc on en serait plutôt au plan C.

Dominique – Le plan C... Comme c, o, n ?

Alex – Vous ne croyez pas si bien dire...

Dominique – Vous avez réussi à exciter ma curiosité. Même si, pour ma part, au point où j’en suis, j’aurais préféré un plan c, u, l... Histoire de me détendre un peu.

Alex – Les gens vous détestent. Ils ne veulent plus entendre parler du Parti social.

Dominique – Après tout ce qu’on a fait pour eux... On a même changé le nom du parti.

Alex – Que voulez-vous... Les électeurs sont des ingrats. Ils ne se rendent pas compte de tous les sacrifices que vous avez déjà consentis.

Dominique – C’est ça, foutez-vous de moi, en plus...

Alex – On peut parler sérieusement cinq minutes ?

Dominique – Je vous écoute...

Alex – Le candidat qui sortira de vos primaires, même avec un score à la soviétique, n’aura aucune chance à la présidentielle.

Dominique – Il faudrait encore trouver quelques volontaires pour se présenter contre moi... Histoire de préserver les apparences de la démocratie. Parce qu’un candidat unique, ça la fout un peu mal...

Alex – Des volontaires qui, de préférence, ne soient pas déjà mis en examen...

Dominique – Et qui ne se présentent pas dans le seul but d’éviter la prison grâce à l’impunité qui les protégerait s’ils étaient élus.

Alex – Vous voulez dire immunité, sans doute.

Dominique – Vous avez raison. Ça va être difficile de remonter la pente. Et alors, c’est quoi, votre plan C ?

Alex – Quand on ne peut pas remonter la pente, autant ramer dans le sens du courant.

Dominique – Tout à l’heure, c’était le naufrage du Titanic, maintenant vous me proposez de ramer... Je vous paye combien, déjà, pour entendre ça ?

Alex – C’est très simple, vous allez voir...

Dominique – La dernière fois que vous m’avez dit ça, j’ai fait 48 heures de garde à vue.

Alex – Mais je vous ai évité la détention provisoire.

Dominique – Je vous écoute...

Alex – On s’arrange pour que les primaires accouchent du pire des candidats possibles.

Dominique – Jusque-là, malheureusement, ça ne devrait pas être trop difficile. Je suis le seul à me présenter.

Alex – L’idée, c’est de couler définitivement le parti, qui de toute façon prend déjà l’eau de tous les côtés.

Dominique – D’où la métaphore du Titanic, j’ai compris... J’espère que vous avez prévu un canot de sauvetage pour moi.

Alex – J’ai beaucoup mieux, vous allez voir.

Dominique – Je suis curieux d’entendre ça...

Alex – En même temps qu’on envoie par le fond notre propre capitaine, on pousse discrètement un autre candidat à se présenter en dehors du parti.

Dominique – Un homme de paille, en quelque sorte...

Alex – Tout ce que veulent les électeurs, c’est sortir les sortants. Ils sont prêts à voter pour n’importe qui pourvu qu’il se prétende anti-système.

Dominique – Les gens sont des cons.

Alex – Quand notre vengeur masqué est élu, il tombe le masque, et il rentre dans le rang. Juste avant les législatives, on fonde un nouveau parti pour lui donner une majorité, et le tour est joué. On prend les mêmes, et on est reparti pour cinq ans.

Dominique – Astucieux... Mais il faudra encore changer de nom ?

Alex – Oui, quand même...

Dominique – Bon... Et vous avez déjà une idée pour un nouveau nom ?

Alex – Pourquoi pas... le Parti !

Dominique – Le Parti...? Le Parti quoi ?

Alex Le Parti tout court. Pour bien signifier qu’il s’agit de dépasser les anciens clivages. La vieille opposition gauche-droite.

Dominique – Mouais...

Alex – Quand ceux d’en face ont décidé de s’appeler Les Français, tout le monde trouvait ça débile aussi.

Dominique – On voit où ça les a menés... Et puis vous oubliez la droite, justement... Hélas, nous ne sommes pas les seuls à présenter des candidats à la présidentielle. C’est un des rares inconvénients de la démocratie.

Alex – À droite aussi, leur candidat a tellement de casseroles au cul que s’il ouvrait une quincaillerie, il doublerait sa fortune.

Dominique – Qui est déjà assez conséquente compte tenu de tout l’argent public qu’il a détourné.

Alex – Les gens ne veulent plus ni de la gauche ni de la droite.

Dominique – Les gens sont des cons.

Alex – Je crois que vous l’avez déjà dit. Alors ? Qu’est-ce que vous pensez de mon idée ?

Dominique – Envoyer à la présidentielle un candidat libre, en lui donnant les sujets d’avance... Oui, il faut voir... Mais qui vous dit qu’à droite, ils n’auront pas la même idée ?

Alex – Ils ont la même idée.

Dominique – Ah oui ? Et... comment pouvez-vous en être aussi sûre ?

AlexParce que c’est moi qui leur ai vendue.

Dominique – Vous travaillez aussi pour la concurrence ?

Alex – La droite, la gauche... Tout ça, c’est dépassé, croyez-moi.

Dominique – Comme vous y allez...

Alex – Honnêtement, est-ce qu’il existe une telle différence entre vos deux programmes ?

Dominique – Je ne sais pas... Je ne suis pas sûr qu’on ait encore un programme. Et eux non plus.

Alex – Finalement, à quoi ça sert, l’alternance ?

Dominique – À entretenir le mythe de la démocratie, j’imagine...

Alex – À se partager les postes, surtout. Un coup c’est toi, un coup c’est moi. Pourquoi ne pas gouverner ensemble, tout simplement ?

Dominique – Mais qui nommera les ministres ? Eux ou nous ?

Alex – Vous n’aurez qu’à vous partager les portefeuilles !

Dominique – Une autre version de la parité, en quelque sorte.

Alex – Je suis sûre que celle-là, vous aurez beaucoup moins de mal à l’instaurer...

Dominique – Oui... mais on aura moitié moins de postes...

Alex – Pas forcément... Il suffit de doubler le nombre des ministres.

Dominique – Ce qui supposerait d’inventer de nouveaux ministères...

Alex – Je crois que pour ça, les gouvernements n’ont jamais manqué d’imagination. C’est bien le seul domaine où ils en aient fait preuve, d’ailleurs... Ministère du Temps libre, ministère de la Qualité de la vie...

Dominique – Ministère du Redressement productif...

Alex – Sinon on pourra toujours faire appel à un cabinet de consultants pour trouver de nouveaux noms en fonction du nombre de ministres à placer. Ou alors chaque ministre aura la charge d’inventer le nom de domaine du ministère qui lui sera alloué. Il faut bien qu’ils bossent un peu...

Dominique – C’est assez audacieux, mais bon... Et ce candidat libre, ce serait qui ?

Alex – Pourquoi pas Uberman ?

Dominique – Frédérique Uberman ? Je la vois tout à l’heure, justement.

Alex – Je sais. C’est moi qui lui ai demandé de prendre rendez-vous avec vous.

Dominique – Une bonne femme... Vous ne croyez pas que le costume est un peu grand pour elle ?

Alex – Elle a déjà été ministre.

Dominique – C’est vrai... Ministre de quoi, déjà ?

Alex – De l’Éducation, je crois.

Dominique – C’est ça... Mais je ne sais plus très bien dans quel gouvernement.

Alex – Une femme, ça fera plus moderne, et ça éloignera les soupçons. Personne ne pensera sérieusement qu’on a pu investir en sous-main une femme pour la présidentielle.

Dominique – C’est clair.

Alex – Et puis elle sera plus facile à manipuler une fois élue.

Dominique – C’est sûr... Une femme... Et une centriste, en plus.

Alex – Pour ce qui est du costume, elle a déjà tellement retourné sa veste... On ne distingue plus l’envers de l’endroit. Ça la rendra plus crédible pour jouer les candidats sans étiquette.

Dominique – Oui, ça peut se tenter... Et pour nos primaires, qui vous verriez dans le rôle du capitaine qui coule avec son bateau ? Pas moi, j’espère...

Alex – Je pensais plutôt à quelqu’un qui ne soit pas du sérail. Un homme neuf, qui se présenterait contre vous.

Dominique – Un homme neuf ? Pourquoi pas une vierge, aussi ?

Alex – Vous ne croyez pas si bien dire.

Dominique – Vous voulez sacrifier une vierge, c’est ça ?

Alex – En fait, on pourrait prendre un peu n’importe qui...

Dominique – Et qui vous dit qu’il sera élu ?

Alex – Pour l’instant, ce ne sont que les primaires. On est en famille. On s’arrangera... L’idée, justement, c’est que ce tocard, en réalité, ne soit soutenu par personne, même au sein de notre propre parti.

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