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Il était un petit navire de Jean-Pierre Martinez

Six personnages mystérieux sont bloqués sur une île par une grève de ferry. Ils ont tous une bonne raison pour vouloir regagner le continent au plus vite. Ils embarquent sur un bateau de pêche piloté par un passeur improvisé. Mais le prix à payer pour cette traversée sera plus élevé que prévu...
Une fable humoristique sur les travers de notre société.

Ouvrage publié aux Editions La Comédiathèque
N° ISBN : 9782377052318
Juin 2018
61 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 12 €

 

Achat du livre

Pour les libraires : voir les conditions de vente (remise 30%)

Pour les particuliers : achat auprès de votre librairie ou en ligne 

 

 

 

Lire le début

Le pont d’un bateau de pêche. Au fond un gouvernail. Quelque part une bouée de sauvetage avec le nom du bateau : L’Entreprenant. Devant deux transats. Max, une casquette de capitaine sur la tête, déplie une carte pour l’étudier. Il regarde la carte à l’envers, la remet dans le bon sens, puis il regarde autour de lui, essayant de s’orienter. Diane, à l’allure de business woman, arrive, traînant derrière elle une valise de luxe à roulettes. Après une légère hésitation, elle s’adresse à Max.

Diane – Vous avez consulté la météo marine, ce matin ?

Max replie précipitamment la carte.

Max – Oui, et ils annoncent du brouillard.

Diane – Quel mot de passe à la con...

Max – Les mots de passe, c’est toujours un peu con.

Diane – La question, c’est... pourquoi un mot de passe ?

Max – Par les temps qui courent... Si vous saviez le nombre de gens qui seraient prêts à tuer père et mère pour quitter cette île au plus vite. Vous êtes sûre que personne ne vous a suivie ?

Diane – Je ne crois pas...

Max – Bon... Je vous demanderai quand même de ne pas parler trop fort. Depuis le pont d’un bateau, vous savez, les voix portent très loin. Et il n’est pas impossible qu’on nous observe...

Diane – Vous ne croyez pas que vous en faites un peu trop ?

Max – C’est mon devoir de veiller à la sécurité des passagers. Vous connaissez la formule. Seul maître à bord après Dieu. Et comme je ne crois pas trop en Dieu...

Diane jette un regard autour d’elle.

Diane – Donc vous êtes le... capitaine de ce bateau ?

Max – C’est moi, oui. Mais je vous en prie, appelez-moi Maximilien.

Diane – Maximilien ? C’est curieux, ce nom me dit vaguement quelque chose.

Max – Ou Max, pour les intimes.

Diane (froidement) – Diane de la Rochelière.

Max – Diane, très bien.

Diane – Vous parliez d’un yacht... Je ne m’attendais pas à... ça.

Max – Hélas, j’ai dû laisser mon yacht en cale sèche pour le contrôle technique. C’est un ami qui m’a prêté celui-ci. Mais je vous assure que...

Diane – Ça ressemble beaucoup à un bateau de pêche, non ?

Max – Mon ami est pêcheur, en effet. Enfin... la pêche au gros, bien sûr. Le thon... ou l’espadon.

Diane – Le thon ? D’après l’odeur, je pencherais plutôt pour la pêche à la morue...

Max – Ça doit venir du port... Quand on sera en pleine mer, vous verrez, on ne sentira plus que l’air du large.

Diane – Et vous êtes sûr que ce rafiot est vraiment fait pour le grand large ?

Max – Nous ne sommes qu’à une trentaine de kilomètres du continent... On ne peut pas vraiment parler de grand large.

Diane – Enfin, à la guerre comme à la guerre. La traversée dure combien de temps ?

Max – Je dirais une petite heure, pas plus.

Diane – OK...

Max – Deux au maximum, par vents contraires.

Diane – Par vents contraires ? Ne me dites pas que c’est un bateau à voile... Vous me prenez assez cher comme ça pour le gasoil.

Max – Rassurez-vous, c’est bien un bateau à moteur.

Diane – Je peux voir ma cabine ?

Max – Votre cabine ?

Diane – Ah, d’accord...

Max – Il y a deux couchettes en bas. Mais je vous préviens, c’est assez sommaire.

Diane – Rassurez-moi, il y a des toilettes, au moins...

Max – Ah oui, quand même.

Diane – Bon...

Max – Je vous l’ai dit, il s’agit seulement d’une traversée d’une heure ou deux. On ne va pas y passer la nuit. (Plus bas) Enfin, j’espère...

Diane – Pardon ?

Max – Non, je disais... Si vous voulez vous détendre un peu sur le pont en attendant.

Diane – Je ne suis pas sûre de pouvoir me détendre aussi facilement. J’imagine que vous ne servez pas de cocktails non plus.

Max – Désolé, le barman a pris sa journée. Mais asseyez-vous donc dans cette chaise longue.

Diane – Merci, je vais rester debout. On met les voiles dans combien de temps ?

Max – C’est un bateau à moteur.

Diane – Oui, j’ai compris. Mettre les voiles, c’était juste une façon de parler.

Max – Eh bien... nous appareillerons dès que tout le monde sera là.

Diane – Tout le monde ? Comment ça, tout le monde ?

Max – Les autres.

Diane – Ah parce qu’il y a d’autres passagers ?

Max – Avec cette grève surprise de la compagnie de ferry, beaucoup de gens sont coincés sur cette île. Ils cherchent tous désespérément un moyen de regagner le continent. À n’importe quel prix...

Diane – Donc vous vous êtes improvisé passeur...

Max – J’essaie seulement de rendre service.

Diane – Moyennant finance...

Max – Vous n’étiez pas obligée d’accepter... À ce propos, si cela ne vous dérange pas, je préférerais être payé d’avance. Et en liquide...

Elle fouille dans son sac, et lui tend quelques billets.

Diane – Voilà votre argent... (Ironique) Capitaine...

Max – Merci.

Diane – On se croirait dans un mauvais remake de film noir américain.

Max – Vous trouvez ?

DianeLe Port de l’Angoisse, par exemple. Sauf que vous ne ressemblez pas du tout à Humphrey Bogart.

Max – Ni vous à Lauren Bacall... Je vais mettre le moteur en route. Si vous avez besoin de moi, vous n’avez qu’à me siffler. Vous savez siffler, Diane ?

Il s’en va sans attendre la réponse. Le portable de Diane sonne et elle répond.

Diane – Oui, Monsieur le Directeur, on vient de signer le contrat, je m’apprêtais à vous appeler, justement. Oui, mais j’ai quelques difficultés à trouver un moyen de transport pour regagner le continent. Les marins de la compagnie de ferry ont arrêté le travail. Que voulez-vous ? Maintenant, même dans les paradis fiscaux, on n’est pas à l’abri d’une grève. Non, ne vous inquiétez pas, je serai bien là demain matin pour le conseil d’administration. Avec le contrat signé, oui, je vous le promets... Je sais, votre réélection au conseil en dépend... Et les actionnaires attendent des résultats... Non, je ne vous décevrai pas, Monsieur le Directeur...

Arrive Amanda, genre starlette ou call girl, vêtue de façon sexy mais plutôt vulgaire. Elle porte une valise, elle aussi, mais plus ordinaire et plus usagée, voire une valise de routard couverte d’étiquettes évoquant d’innombrables destinations de voyages. Diane, toute à sa conversation téléphonique, ne remarque pas son arrivée.

Diane – Oui, je rapporte aussi tous les fonds qui étaient sur le compte secret que vous m’avez demandé de solder. En liquide oui, comme convenu... Dans le double-fond de ma valise, c’est ça... Alors dans un sens, c’est vrai que si on peut éviter la douane... Écoutez, j’ai trouvé une place sur une sorte de chalutier. C’est assez pittoresque... C’est cela, je vous raconterai. Bonne journée, Monsieur le Directeur.

Elle range son portable.

Amanda – Salut. Vous avez regardé la météo, ce matin.

Diane remarque enfin sa présence.

Diane (encore ailleurs) – Non pourquoi ?

Amanda – Excusez-moi, je croyais que...

Diane – Ah oui, si... Pardon... Je crois qu’ils annoncent de l’orage.

Amanda – Je pensais que c’était du brouillard, plutôt...

Diane – Oui, bon, du brouillard, de l’orage... On s’en fout, non ?

Amanda – C’est vous la taulière ?

Diane – La taulière ?

Amanda – J’ai réservé une place sur ce morutier. Il est où, le maquereau ?

Diane – Le maquereau ?

Amanda – Le capitaine !

Diane – Ah oui, le... Il est en train de faire chauffer le moteur, je crois.

Amanda – Je vais l’attendre ici, alors. (Lui tendant la main) Moi, c’est Amanda. Et vous ?

Diane (sans saisir la main qu’elle lui tend) – Diane de la Rochelière.

Amanda – Encore une veine qu’on ait réussi à trouver ce taxi, parce que sinon, on restait coincées là comme des phoques sur la banquise. Une grève surprise, comme ça, sans préavis. Ça ne devrait pas être permis.

Diane – En même temps, s’ils avaient déposé un préavis, ce ne serait plus une grève surprise...

Amanda – Vous êtes une maligne, vous... Alors vous aussi, vous avez le feu au cul ?

Diane – Pardon ?

Amanda – Non, je veux dire, vous aussi, vous êtes pressée de partir.

Diane – Oui. On peut dire ça...

Amanda – Vous avez un rendez-vous urgent ? Ou alors vous avez quelque chose à cacher... Moi aussi, je préférerais autant éviter la douane...

Diane – Ne vous sentez surtout pas obligée de me faire la conversation, vous savez.

Amanda – On va passer trois ou quatre heures ensemble, autant bavarder un peu. Ça passera plus vite, non ?

Diane – Trois ou quatre heures ? Le capitaine m’a parlé d’une petite heure !

Amanda – Moi, il m’a dit une demi-journée, je crois.

Diane – Dans ce cas, il serait temps de partir. Si on veut arriver avant la nuit. Je ne sais pas ce qu’il attend.

Amanda – Les autres passagers, j’imagine.

Diane – Vous savez combien on est, exactement ?

Amanda – Une dizaine, je suppose.

Diane – Mais enfin, ce n’est pas possible ! On ne va jamais tenir à dix sur ce bateau !

Amanda – On dirait que vous n’avez jamais pris le RER A entre 7 et 8 heures du matin.

Diane – Eh bien cela va peut-être vous surprendre, mais non. En effet, je n’ai jamais pris le RER.

Amanda – Vous travaillez en province ?

Diane – Non, mais je ne me déplace qu’en voiture, avec chauffeur.

Amanda – Je vois... Et c’est quoi, votre métier ?

Diane – Je suis dans la finance. Je ne vous demande pas le vôtre...

Amanda – Vous pouvez ! Je n’ai rien à cacher, vous savez...

Diane – Vous voulez dire... dans votre métier, vous n’avez rien à cacher ?

Max revient et aperçoit Amanda.

Max – Ah ! Vous devez être Amanda.

Amanda – Oui... Comment vous m’avez reconnue ?

Max – Je ne sais pas... L’intuition masculine, sans doute. Disons que... vous ressemblez beaucoup à votre prénom.

Amanda – Merci... Et vous, c’est quoi votre petit nom ?

Max – Max.

Amanda – Ah, oui... Ça vous va bien aussi.

Max – Ah oui ? Et pourquoi ça ?

Amanda – Je ne sais pas... Vous avez l’air d’assurer un max... Hein, Capitaine ?

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