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Catalogue

CONTEMPORAINS

À cœurs ouverts
Alban et Ève
Amour propre et argent sale
Apéro tragique à Beaucon-les-deux-Châteaux
Après nous le déluge
Attention fragile
Au bout du rouleau
Avis de passage
Bed and breakfast
Bienvenue à bord
Brèves de confinement
Brèves de scène
Brèves de square
Brèves de trottoirs
Brèves du temps perdu
Brèves du temps qui passe
Bureaux et dépendances
Café des sports
Cartes sur table
Comme un poisson dans l'air
Comme un téléfilm de Noël... en pire
Coup de foudre à Casteljarnac
Crash Zone
Crise et châtiment
De toutes les couleurs
Déjà vu
Des beaux-parents presque parfaits
Des valises sous les yeux
Dessous de table
Diagnostic réservé
Drôles d'histoires
Du pastaga dans le champagne
Échecs aux Rois
Écrire sa vie (autofiction)
Écrire une comédie pour le théâtre (essai)
Elle et lui, monologue interactif
Erreur des pompes funèbres en votre faveur
Eurostar
Fake news de comptoir
Flagrant délire
Gay friendly
Happy Dogs
Happy hour
Héritages à tous les étages
Hors-jeux interdits
Il était un petit navire
Il était une fois dans le web
Juste un instant avant la fin du monde
L'Étoffe des Merveilles
La Fenêtre d'en face

La Maison de nos rêves 
La Représentation n'est pas annulée
Le Bistrot du Hasard
Le Bocal

Le Comptoir
Le Coucou

Le Gendre idéal
Le Joker
Le Pire village de France
Le Plus beau village de France
Les Copains d’avant… et leurs copines
Les Monoblogues
Les Naufragés du Costa Mucho
Les Rebelles
Les Touristes

Mélimélodrames
Même pas mort
Ménage à trois
Minute papillon !
Miracle au couvent de Sainte Marie-Jeanne
Mortelle Saint-Sylvestre
Morts de rire
Nos pires amis
Photo de famille
Piège à cons
Pile ou face
Plagiat
Pour de vrai et pour de rire
Préhistoires grotesques
Préliminaires
Primeurs
Quarantaine
Quatre étoiles
Rencontre sur un quai de gare
Réveillon à la morgue
Réveillon au poste
Revers de décors
Rimes orphelines (poésie)
Roulette russe au Kremlin
Sans fleur ni couronne
Sens interdit – sans interdit
Série blanche et humour noir
Sketchs en série
Spéciale dédicace
Strip poker
Sur un plateau
Tout est bien qui commence mal
Trous de mémoire
Tueurs à gags
Un boulevard sans issue
Un bref instant d'éternité
Un cercueil pour deux

Un enterrement de vies de mariés
Un mariage sur deux
Un os dans les dahlias
Un petit meurtre sans conséquence
Une soirée d’enfer
Vendredi 13
Vous m'en direz des nouvelles
Y a-t-il un auteur dans la salle?
Y a-t-il un pilote dans la salle?

CLASSIQUES

BECQUE Comédies Courtes
BECQUE Les Corbeaux
BECQUE Michel Pauper
BERTRAND T. Acteurs, Auteurs, Spectateurs
BERTRAND T. L'Accord parfait
BERTRAND T. Le Costaud des Epinettes
BERTRAND T. Le Danseur inconnu
BERTRAND T. Les Deux Canards
BERTRAND T. Théâtre sans directeur
BERTRAND T. Triplepatte
BERTRAND T. Un perdreau de l'année
BOURSAULT Le Mercure galant
CUREL F. La Nouvelle Idole
DESMARETS Les Visionnaires
FEYDEAU L'Âge d'or
FEYDEAU La Lycéenne
HUGO Mille francs de récompense
LABICHE Si jamais je te pince
MIRBEAU Farces et Moralités
MIRBEAU Le Foyer
RENARD Monsieur Vernet
ROSTAND Les Romanesques
SAND Molière
ZOLA Thérèse Raquin

Depuis la publication de son premier roman, couronné par le Prix Goncourt, Alexandre jouit de sa réputation d’auteur à succès, et en perçoit les dividendes. On l’attend au Ministère de la Culture pour lui remettre la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres. C’est alors qu’il reçoit la visite d’une inconnue, qui pourrait bien remettre en cause cette belle réussite...


Comédie pour 1 homme et 2 femmes ou 2 hommes et 1 femme.

Montages en France et en Espagne

Pièce publiée par les Editions La Comédiathèque
N° ISBN : 9782377052240
Mai 2018
61 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 11 €

Traduction disponible en anglais (Cheaters), en espagnol (Plagio)

Achat du livre

Pour les libraires : voir les conditions de vente (remise 30%)

Pour les particuliers : achat auprès de votre librairie ou en ligne 

Exemple de montages
Avignon -2019
Martinique - 2022

Lire le début

Un salon bourgeois, un bureau, des livres. Alexandre, caricature de l’écrivain mondain parisien, arrive portable à l’oreille.

Alex – Mais si, je suis très content ! France Culture, tu penses bien... J’aurais préféré un prime time à la télé, évidemment, mais bon... Je sais, je n’ai rien publié depuis pas mal de temps, tu me le répètes assez souvent... Oui, oui, je réfléchis à quelque chose. Mais je ne sais pas encore si ça me mènera quelque part... Bien sûr, tu seras le premier au courant ! Mais je t’ai prévenu, ne t’emballe pas trop vite... OK, j’y serai, c’est promis... Tu es vraiment sûr qu’il y a encore des gens qui écoutent France Culture ? Surtout à quatre heures du matin. À part les boulangers... Quatre heures du matin ! Heureusement que l’émission n’est pas en direct... Oui, je t’écoute... Ah oui ? Oui, pourquoi pas... Bon, il va falloir que je te laisse. Dans deux heures, la ministre me fait Chevalier des Arts et des Lettres, et je n’ai pas encore appris mon discours. Mais venez dîner à la maison la semaine prochaine et on en parle... C’est ça, on se rappelle. Moi aussi, je t’embrasse.

Il range son portable, s’assied au bureau, et ouvre son courrier. Frédérique, style bon chic bon genre, arrive.

Fred – Tu es déjà prêt ?

Alex – J’en conclus que toi tu ne l’es pas encore...

Fred – On a largement le temps, non ? C’est dans deux heures.

Alex – Bien sûr. Et puis je peux encore refuser...

Fred – Refuser le Prix Nobel de littérature, ça peut être assez distingué. Il y a des précédents. Jean-Paul Sartre, Bob Dylan...

Alex – Je crois que Dylan a accepté, finalement.

Fred – Mais la Croix de Chevalier des Arts et des Lettres... Je ne connais personne qui l’ait refusée.

Alex – Tu as raison, ce serait ridicule. Je vais attendre qu’on me propose le Nobel, et j’aviserai à ce moment-là.

Fred – Tu as prévu un discours ?

Alex – Il est là. J’étais en train de l’apprendre. Rassure-toi, ce ne sera pas très long. Je déteste les discours...

Fred – Je te ferai réciter dans la voiture...

Alex – Qu’est-ce que je ferais sans toi.

Fred – La même chose, j’imagine.

Alex – Mais ce serait beaucoup moins amusant... (Frédérique balaie la pièce du regard.) Tu as perdu quelque chose ?

Fred – Tu n’as pas vu mon portable ?

Alex – Non... Tu veux que je t’appelle ?

Fred – Je vais chercher encore un peu. J’ai besoin de me dire que je peux encore retrouver mon portable toute seule.

Alex – En me demandant si je ne l’ai pas vu...

Fred – J’espère que tu commences par remercier ta femme, dans ton discours.

Alex – J’avais plutôt mis les remerciements à la fin, mais si tu préfères que je commence par là...

Fred – Je vais prendre quelques exemplaires du Goncourt, au cas où.

Alex – Ah, ce Prix Goncourt... Parfois je me demande si ça n’a pas été une malédiction.

Fred – Pourquoi tu dis ça ?

Alex – Je n’ai rien écrit depuis.

Fred – Tu n’avais pas écrit grand chose avant non plus.

Alex – Merci de me le rappeler.

Fred – Ça reviendra. Il faut que tu trouves un sujet, c’est tout.

Alex – Oui...

Fred – Et puis il y a des écrivains qui n’écrivent qu’un seul chef d’œuvre dans leur vie. Alain-Fournier, par exemple. À part Le Grand Meaulnes...

Alex – Oui, mais lui il est mort au front en 14, un an après avoir écrit son best-seller. Ça explique qu’il n’en ait pas écrit d’autres...

Fred – Tout le monde sait qu’un Goncourt, on a besoin parfois de quelques années pour s’en remettre.

Alex – Certains romanciers ne s’en remettent jamais. Je me demande si je n’aurais pas mieux fait de rester prof. Et continuer à éditer mes œuvres à compte d’auteur.

Fred – Allons... Tu te vois enseigner la littérature dans un lycée de banlieue, devant une quarantaine d’analphabètes en survêtements à capuches ?

Alex – Ne dramatisons pas. Normalien, agrégé... Je n’aurais jamais passé le périphérique. J’aurais enseigné dans un lycée catholique, devant une vingtaine de filles à papa en jupes écossaises, prêtes à tout pour obtenir de bonnes notes sans ouvrir un bouquin...

Fred – D’accord... Vu comme ça, je comprends mieux tes regrets. Fais-moi penser à mettre un code parental sur la télé. J’ai l’impression que quand je ne suis pas là, tu regardes de drôles de films.

Alex – C’est vrai qu’en tant que romancier, la plupart de mes fans sont plus proches de l’âge de la ménopause que de la puberté.

Elle s’approche de lui et lui prodigue un geste tendre.

Fred – N’oublie pas que ta première fan, c’était moi.

Alex – Je m’en souviens très bien.

Ils s’embrassent. Elle se dégage de son étreinte.

Fred – Allez, il faut que tu finisses ton discours... Mais si ça te manque à ce point, je ressortirai mon kilt de temps en temps, c’est promis.

Alex – À propos, avant que j’oublie, je viens d’avoir Maxence au téléphone.

Fred – Ah oui...

Alex – Il propose qu’on passe Noël ensemble dans son chalet à Megève. On en profiterait pour organiser une séance de signature. Il paraît qu’il y a une très belle librairie, à Megève, et qui marche très bien.

Fred – Ah oui ?

Alex – C’est curieux, ce phénomène. Les bourges du seizième n’ouvrent pas un bouquin de l’année, et dès qu’elles sont en vacances, elles se précipitent à la librairie du coin pour acheter tous les prix littéraires.

Fred – Ces bourges, comme tu dis, ce sont tes lectrices. En tout cas, ce sont elles qui achètent tes bouquins...

Alex – Ça doit être l’air de la montagne. Et puis on s’emmerde tellement aux sports d’hiver.

Fred – Surtout quand on ne fait pas de ski, comme toi.

Alex – Je lui ai proposé de venir dîner à la maison avec Diane la semaine prochaine. Pourquoi pas mercredi ?

Fred – Mercredi, on dîne chez mes parents.

Alex – Ah oui, pardon... Comme d’habitude, c’est le mardi...

Fred – Oui, mais là c’est l’anniversaire de maman, tu as déjà oublié ?

Alex – Disons que ça m’était sorti de l’esprit... Alors jeudi ?

Fred – Jeudi, c’est le vernissage de l’expo de Carla à la Galerie Claude Bernard !

Alex – Excuse-moi. J’avais oublié ça aussi.

Fred – Si un jour tu me quittes, pense à me remplacer par une poupée gonflable et un agenda électronique.

Alex – Il faudrait peut-être qu’on freine un peu sur les mondanités, non ? On s’embourgeoise.

Fred – Tu dis ça, mais au bout d’une semaine, tu t’ennuierais... Bon, je vais finir de me préparer.

Frédérique sort. Alexandre se remet à son discours.

Alex – Madame le Ministre, merci pour cette récompense, qui vient couronner toute une vie d’engagement au service de la littérature française. D’abord en tant que professeur, ensuite en tant que romancier, essayiste, journaliste... Il y a quelques années déjà, en récompensant mon roman Une autre vie, l’Académie Goncourt reconnaissait en moi un modeste serviteur de la langue de Molière. Vous me faites aujourd’hui chevalier. Mais c’est plutôt en Don Quichotte que je reçois cet insigne honneur. En effet, pour vivre son rêve d’écriture, et tout simplement pour vivre de son écriture, c’est d’abord contre des moulins que doit se battre un jeune auteur...

Frédérique revient.

Fred – Excuse-moi de te déranger, mais... il y a une femme, à la grille. Elle dit qu’elle vient de très loin pour se faire dédicacer ton livre. Et qu’elle attend ça depuis très longtemps.

Alex – Ce n’est vraiment pas le moment... Et puis qu’est-ce que c’est que cette façon de venir sonner à notre porte comme ça, sans prévenir. Où est-ce qu’elle a eu notre adresse, d’ailleurs ? On n’est pas sur le Bottin. À part sur le Bottin mondain, peut-être...

Fred – Je ne sais pas, mais elle insiste. Il y en a pour cinq minutes. Mieux vaut s’en débarrasser tout de suite, sinon elle va revenir. Qu’est-ce que tu veux ? C’est la rançon de la gloire ! Après tout, ce sont tes fans qui nous font vivre...

Alex – OK, je vais lui signer son bouquin.

Fred – Je lui ai dit que tu n’avais pas beaucoup de temps.

Alex – On dit Madame la Ministre ou Madame le Ministre ?

Fred – Aucune idée...

Alex – Du temps où il n’y avait aucune femme ministre, c’était quand même beaucoup plus simple.

Fred – Je la fais entrer...

Frédérique sort. Alexandre soupire, se rassied et compulse à nouveau le texte de son discours qu’il rature.

Alex – Don Quichotte... Je me demande si je n’en fais pas un peu trop...

 

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