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Catalogue

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BECQUE Les Corbeaux
BECQUE Michel Pauper
BERTRAND T. Acteurs, Auteurs, Spectateurs
BERTRAND T. L'Accord parfait
BERTRAND T. Le Costaud des Epinettes
BERTRAND T. Le Danseur inconnu
BERTRAND T. Les Deux Canards
BERTRAND T. Théâtre sans directeur
BERTRAND T. Triplepatte
BERTRAND T. Un perdreau de l'année
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CUREL F. La Nouvelle Idole
DESMARETS Les Visionnaires
FEYDEAU L'Âge d'or
FEYDEAU La Lycéenne
HUGO Mille francs de récompense
LABICHE Si jamais je te pince
MIRBEAU Farces et Moralités
MIRBEAU Le Foyer
RENARD Monsieur Vernet
ROSTAND Les Romanesques
SAND Molière
ZOLA Thérèse Raquin

Quatre personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent malgré elles placées en quarantaine dans ce qui s’avère être un théâtre désaffecté. Derrière une vitre imaginaire, des gens (les spectateurs) les observent. Les présumés malades s’interrogent. Par quel virus auraient-ils bien pu être contaminés ? Que risquent-ils exactement ? Quand et comment tout cela va-t-il se terminer ? On comprend peu à peu que ce huis-clos se situe dans un futur proche où Big Brother règne en maître, et que la raison de cette quarantaine n’est peut-être pas strictement médicale.
Distribution : 4 hommes ou 3H/1F ou 2H/2F ou 1H/3F ou 4 femmes

 

Ouvrage publié aux Editions La Comédiathèque
ISBN 9782377053988
Février 2020– 51 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 12,00 €

 

Achat du livre

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Pour les particuliers : achat auprès de votre librairie ou en ligne 

Lire le début

Le plateau pourra rester nu à l’exception d’une ou deux chaises. Dom arrive d’un pas incertain. Il porte le genre de blouses (bleues, roses ou vertes) qu’on met aux patients à l’hôpital. Il jette autour de lui un regard intrigué, avant de découvrir avec stupéfaction la présence des spectateurs, et de s’avancer pour les observer avec un air inquiet. Pat, portant la même tenue, arrive derrière lui.

PatBonjour.

Surpris, Dom sursaute, se retourne et aperçoit Pat.

DomVous m’avez fait peur...

PatDésolée... Alors vous aussi vous...?

DomOui...

Moment d’embarras.

PatOn s’est déjà vus, non ?

DomOn était dans le même wagon, je crois.

PatVoiture 13, c’est ça ! Je ne sais pas si ça a un rapport...

DomUn rapport ? Avec le numéro 13, vous voulez dire ?

PatAvec le fait qu’on soit là tous les deux ! Parce qu’on était dans le même wagon...

DomJe ne sais pas. À vrai dire, je ne sais pas du tout pourquoi on est là.

PatMoi non plus. Je n’y comprends rien. À la descente du train, deux agents m’ont demandé de les suivre...

DomVous êtes sûre que c’était des policiers ?

PatJe pense, oui... Ils portaient un masque. Enfin pas un masque... Comme dans les hôpitaux, je veux dire. Ils m’ont fait monter dans une ambulance et...

DomUne ambulance, vous êtes sûre ? Non, parce que si c’était des policiers...

PatDisons... un fourgon, alors.

DomUn fourgon de police médicalisé.

PatC’est ça... Ils m’ont conduite jusqu’ici et... ils m’ont dit d’attendre. Et vous ?

DomPareil... Donc on ne vous a rien dit non plus.

PatOn m’a dit d’attendre.

DomEt... vous n’avez rien entendu d’autre ?

PatNon... (Un temps) Je crois que le mot quarantaine a été prononcé.

DomAh oui....?

PatVous avez entendu ça, vous aussi ?

DomPas vraiment...

PatC’est le plus probable, non ?

DomUne quarantaine, oui... Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?

PatÇa expliquerait les masques.

DomOui... Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

PatOn attend... C’est ce qu’on nous a dit, non ? On nous a dit d’attendre.

Un temps.

DomUne quarantaine... Si ça dure vraiment quarante jours... J’espère qu’on nous donnera quelques explications avant.

PatOn dit une quarantaine, mais... ce n’est pas forcément aussi long. Ça dépend des maladies.

DomVous croyez qu’il s’agit d’une maladie ?

PatQuoi d’autre ? Si on nous met en quarantaine...

DomOui... Ça doit être un virus.

PatTrès contagieux, j’imagine.

DomOui... sûrement.

PatJe ne ressens aucun symptôme, et vous ?

DomNon, moi non plus.

PatRemarquez... Ça ne veut pas dire qu’on n’est pas malades. Ça dépend du temps d’incubation.

DomVous êtes médecin ?

PatOrdonateur.

DomOrdonateur ?

PatAutrefois, on disait informaticien, je crois.

DomD’accord... Donc les virus, vous connaissez...

PatJ’ai surtout trois enfants... Et vous ?

DomJe n’ai pas d’enfants.

PatNon, je voulais dire... Vous non plus, vous n’êtes pas médecin.

DomJe suis formateur.

PatFormateur...

DomAvant on disait professeur, je crois. Demain on dira... dresseur, peut-être.

PatJe vois...

DomAh oui ? Et qu’est-ce que vous voyez ?

PatNon, je veux dire... Vous en savez encore moins que moi sur les virus...

Un temps.

DomEt donc le temps d’incubation, ça dépend des virus ?

PatTout à fait... Parfois on ressent les premiers symptômes une semaine après la contamination. Parfois moins, parfois plus.

DomVous m’avez l’air d’en connaître un rayon sur la propagation des épidémies... pour quelqu’un qui n’est pas médecin.

PatJe vous l’ai dit, j’ai trois enfants. Quand il y en a un de malade, c’est rare que les deux autres ne suivent pas quelques jours après.

DomMais nous on n’est pas malades !

PatOn est peut-être contagieux bien avant d’être malade soi-même.

DomOui... Si on est vraiment porteur du virus.

PatD’où la quarantaine, probablement... Mais, on va sûrement nous expliquer tout ça.

DomOui, sûrement...

Max arrive, portant la même tenue qu’eux.

DomAh... Plus on est de fous...

PatPlus on est de fous ?

DomC’est une expression qu’on disait autrefois... Plus on est de fous... Non rien...

PatMonsieur va peut-être pouvoir nous en dire plus.

Max, l’air passablement déboussolé, s’avance vers le public.

DomJe ne parierais pas là-dessus. Il n’a pas l’air très net.

PatBonjour.

MaxAh, bonjour... Je... Je viens d’arriver, moi aussi...

DomComment savez-vous qu’on vient d’arriver ?

MaxPardon ?

DomVous avez dit : je viens d’arriver moi aussi. Comment savez-vous qu’on vient d’arriver ? On pourrait être déjà là depuis des semaines...

MaxVous êtes là depuis plusieurs semaines ?

PatOn vient d’arriver.

MaxAh... Comme moi alors... C’est bien ce que je disais.

PatOui...

MaxEt... vous savez pourquoi on est là ?

DomOn comptait un peu sur vous pour nous le dire...

MaxJe ne sais pas... Ils m’ont cueilli à la descente du train, sans aucune explication. Je n’ai pas que ça à faire, moi.

PatEt moi donc... Mes trois enfants m’attendent à la maison. Sans parler de mon mari. Et vous ?

MaxJe ne suis pas marié. J’avais juste fait un saut dans le Sud pour voir ma mère à l’hôpital.

DomElle est malade, elle aussi ?

MaxElle s’est cassé le col du fémur.

PatÇa au moins, ce n’est pas contagieux...

MaxOui, mais qui est-ce qui va me payer, moi ? J’ai deux chantiers à terminer avant la fin de la semaine...

PatOn nous donnera peut-être un dédommagement. Vous êtes artisan ?

MaxJe suis plombier.

DomEt dire que quand on en cherche un, on n’en trouve jamais...

MaxPardon ?

DomNon, rien...

PatPlombier... J’ai déjà entendu ce mot, mais je ne sais plus ce que ça veut dire exactement.

DomOn dit réparateur, maintenant.

PatAh, oui...

DomMonsieur est réparateur spécialisé. Il répare des tuyaux, des canalisations, des robinets... Plombier, comme on disait autrefois.

MaxC’est ça.

DomDonc, vous ne savez pas non plus pourquoi on nous a enfermés ici ?

PatParce que vous pensez qu’on est enfermés ?

DomEnfermés ou pas, si on est en quarantaine, on n’a pas le droit de sortir, non ?

MaxAlors vous croyez qu’on est en quarantaine ?

DomD’après Madame, qui est une grande spécialiste, on est porteurs d’un virus, et on est contagieux. C’est pour ça qu’on nous a mis à l’isolement.

MaxUn virus ? Quel virus ?

PatÇa... C’est sûrement un virus inconnu. Sinon, il y aurait déjà des vaccins, et on ne nous aurait pas placés en quarantaine.

MaxD’accord... Mais pourquoi nous ? Vous le savez ?

PatOn a dû être en contact sans le savoir avec une personne malade... Vous disiez que vous êtes allé voir votre mère à l’hôpital ?

MaxPour une fracture !

PatOui... Mais les hôpitaux, c’est bourré de virus, non ? C’est bien connu...

MaxÇa va être de ma faute, maintenant...

DomNe vous énervez pas, mon vieux. Personne ne vous reproche rien.

PatEt puis si on est enfermés ici pendant des semaines, il vaut mieux rester solidaires.

MaxParce que vous pensez qu’ils vont nous garder pendant des semaines ?

PatOn ne sait pas. Pour l’instant, on ne sait rien.

Un temps.

MaxEt vous ça va ?

PatÇa va... J’aurais préféré rentrer directement chez moi, retrouver mon mari et mes enfants, mais bon...

MaxNon, mais ça on s’en fout. Je veux dire... Est-ce que vous avez l’impression d’être malade.

Pat (froissée) – Pas pour le moment.

MaxEt vous ?

DomÇa va. Mais... merci de vous préoccuper de ma santé.

MaxMoi non plus, je... Je suis en pleine forme.

DomTant mieux, tant mieux... On est contents pour vous...

Max jette à nouveau un regard autour de lui.

MaxVous savez où on est, exactement ?

DomNon... On ne voyait rien depuis le fourgon mortuaire qui nous a amenés ici. Les stores étaient tirés.

MaxC’était un fourgon mortuaire, vous êtes sûr ?

DomJ’ai dit ça ? Non, je voulais dire fourgon sanitaire, évidemment.

PatOn a roulé à peine un quart d’heure. On ne doit pas être très loin de la gare...

MaxOuais... mais ce n’est pas un hôpital.

PatNon... Mais comme pour l’instant on n’est pas malades.

MaxC’est bizarre... C’est quoi, cet endroit...? (Il fait le tour de la scène, et son visage se fige en apercevant les spectateurs.) Et ceux-là, c’est qui ?

PatCeux-là ? Qui donc ?

Max (désignant le public) – Ceux-là !

Pat s’avance en plissant les yeux.

PatJe ne vois rien... Avec ces lumières... C’est aveuglant...

MaxLà ! Tous ces gens qui nous regardent !

Pat (apercevant le public) – Non... Mais c’est quoi ça...? (À Dom) Vous avez vu ?

DomOui... C’est la première chose que j’ai vue en entrant.

PatVous auriez pu nous le dire !

DomQuoi ?

PatQu’on nous regardait ! Qu’on nous écoutait !

DomÇa m’est sorti de l’esprit... Qu’est-ce que ça aurait changé ? On n’a rien fait de mal, non ? Et on n’a rien dit de mal...

PatJ’espère...

MaxMoi, je n’ai rien dit du tout.

PatC’est un cauchemar...

MaxVous croyez qu’ils nous entendent ?

DomJe pense même qu’ils sont là pour ça.

MaxPour nous écouter ?

PatPour nous observer, en tout cas. Puisqu’on est en observation. Pour voir comment la maladie va évoluer...

MaxC’est curieux. Nous, on ne les entend pas.

DomPeut-être parce qu’ils ne disent rien.

PatOu alors ils sont derrière une vitre.

MaxUne vitre ?

Pat Comme dans une salle d’interrogatoire, vous voyez... (Plissant les yeux face aux projecteurs qui l’aveuglent) Et avec ces lumières qu’on nous envoie dans les yeux...

DomJe ne me suis encore jamais trouvé dans une salle d’interrogatoire. Pas avant aujourd’hui en tout cas.

PatMais si, vous savez bien. Quand on est du bon côté, on peut voir les gens, et eux ils ne nous voient pas.

MaxLes gens ?

PatLes suspects !

MaxOui, mais là, on les voit.

DomIl y a une chose dont je suis sûr, c’est que si un jour je me retrouve dans une salle d’interrogatoire, je ne serai certainement pas du bon côté.

MaxLe bon côté...? C’est lequel, à votre avis ?

DomLe bon côté de la vitre ! Celui d’où on voit sans être vu...

MaxAlors d’après vous, c’est eux qu’on va interroger... et nous on est là pour regarder.

PatVous avez raison, ça ne tient pas debout. On n’est pas des policiers...

DomSi vous le dites...

PatPardon ?

DomVous avez l’air d’en connaître un rayon aussi sur les salles d’interrogatoire...

PatQu’est-ce que vous voulez insinuer ?

DomJe ne sais pas... Vous savez tout sur les virus, ou presque... Vous savez à quoi ressemble une salle d’interrogatoire. Ce n’est pas eux qui vous envoient, au moins ?

PatEux ? Je ne comprends pas...

MaxVous pourriez être une infiltrée. Je crois que c’est ça que ce monsieur essaie d’insinuer. Une espionne, si vous préférez...

PatJe crois surtout qu’on commence tous à devenir fous. Ces gens sont sûrement des médecins. Ils sont là pour observer l’évolution de notre maladie, sans risquer d’être contaminés.

MaxOn n’a qu’à faire comme s’ils n’étaient pas là.

DomVoilà. On va faire comme ça... Comme si de rien n’était. Comme si on n’était pas des cobayes dans un laboratoire, épiés jour et nuit par une centaine de spécialistes pour voir en combien de temps on va mourir, et de quelle façon...

Sam, portant la même tenue, arrive derrière eux.

SamBonjour...

PatMadame va peut-être pouvoir nous renseigner... Bonjour Madame, vous êtes médecin ?

SamJe suis informateur.

PatInformateur ?

DomAutrefois, on disait journaliste, je crois.

MaxAh... Donc vous êtes comme nous.

SamVous êtes tous des informateurs ?

MaxNon... Je veux dire vous êtes comme nous... Vous ne savez pas pourquoi on nous a conduits ici.

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