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Sur le quai d’une halte ferroviaire de banlieue, un homme et une femme qui ne se connaissent pas attendent le train qui les emmènera vers le nouveau destin qu’ils se sont choisi l’un et l’autre. Mais ce train de 8h30, qu’ils avaient l’habitude de prendre autrefois, a été supprimé. Le prochain n’est que trois heures plus tard. L’occasion pour eux d’une improbable rencontre qui pourrait bien changer le cours de leur vie…

Pièce de théâtre pour un homme et une femme.

 

Ouvrage publié par les Editions La Comédiathèque
ISBN 978-2-37705-571-5
Août 2021
43 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 12,00 €

Achat du livre

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Lire le début

Le quai désert de la halte ferroviaire d’un village de lointaine banlieue, le bord de scène figurant la voie. En arrière-plan un banc. Un homme arrive, portant un sac de voyage. Il pose le sac, et regarde sa montre. Il finit par s’asseoir sur le banc et attend. Une femme arrive, tirant une valise à roulettes. Elle voit le banc, hésite, mais renonce à s’asseoir. Ils feignent de s’ignorer. Elle regarde également sa montre, et attend. Au bout d’un moment, il regarde à nouveau sa montre, se lève, et fait quelques pas, avant de revenir vers la femme.

Fred – Excusez-moi, vous avez l’heure s’il vous plaît ?

Elle hésite un peu, méfiante, puis regarde sa montre avant de lui répondre, sans même esquisser un sourire.

Alex – 8h31.

Fred – Merci.

Il s’éloigne de quelques pas. Ils attendent tous les deux. Elle commence à montrer elle aussi quelques signes d’impatience. Il revient vers elle.

Alex – D’habitude, il est toujours à l’heure...

Fred – Sauf quand ils sont en grève, évidemment.

Alex – Ils sont en grève ?

Fred – Pas à ma connaissance...

Un temps.

Alex – Il ne serait pas déjà passé...?

Fred – Je ne pense pas.

Alex – Comme vous étiez là avant moi... Vous ne l’avez pas vu passer ?

Fred – Sinon, je serais monté dedans, non ?

Alex – Il aurait pu passer... et ne pas s’arrêter.

Fred – Ne pas s’arrêter ?

Alex – Ce n’est pas vraiment une gare, ici. C’est juste une halte. Tous les trains ne s’arrêtent pas.

Fred – Celui de 8h30 s’est toujours arrêté.

Alex – Oui...

Fred – Je suis arrivé vers vingt-cinq, je n’ai vu passer aucun train.

Alex – Donc il n’est pas encore arrivé... (Un temps) À moins qu’il ne soit passé avant...

Fred – Avant 8h25 ? Le train de 8h30 ?

Alex – Vous avez raison... Les trains en retard, ça existe, mais des trains qui partent avant l’heure...

Fred – Il n’est que 8h33, il peut encore arriver.

Elle s’assied sur le banc. Il reste debout. Ils attendent.

Alex – Ou alors ils l’ont supprimé.

Fred – Supprimé ? Le train de 8h30 ? Il y a toujours eu un train à 8h30. Pourquoi est-ce qu’ils l’auraient supprimé ?

Alex – Je ne sais pas... Parce qu’il n’y avait plus assez de monde, peut-être.

Fred – Vous trouvez qu’il n’y a pas assez de monde ?

Alex – On n’est que deux...

Fred – C’est vrai que d’habitude, il y a plus de monde que ça. C’est bizarre...

Alex – D’ailleurs si on n’est que deux... c’est peut-être parce qu’ils l’ont supprimé, justement... et qu’on est les deux seuls à ne pas être encore au courant...

Fred – Vous croyez ?

Alex – Je ne sais pas.

Fred – Ce n’est pas une gare, mais bon... Les horaires doivent bien être affichés quelque part...

Alex – Oui, sûrement...

Fred – Il y a un panneau, juste à l’entrée, à côté du passage à niveau.

Alex – Là où on vendait les billets autrefois. Mais il n’y a plus personne derrière le guichet depuis longtemps.

Fred – On commence par supprimer le guichet, ensuite on supprime des trains, puis on supprime la gare, et pour finir on supprime la ligne.

Alex – Les horaires doivent être affichés là-bas.

Fred – Oui.

Un temps.

Alex – Vous n’allez pas voir ?

Fred – C’est de l’autre côté de la voie. Imaginez que le train arrive pendant que je regarde le panneau.

Alex – Et alors ?

Fred – Je ne pourrais plus retraverser, et je raterais mon train.

Alex – Un peu avant l’arrivée du train, on entend une sonnerie et la barrière s’abaisse. Vous auriez le temps de retraverser.

Fred – En principe, c’est interdit. Je veux dire... de traverser les voies après le signal sonore.

Alex – Oui... en principe.

Fred – Sans compter que ça peut être dangereux.

Alex – Bon... alors on attend.

Fred – Quand j’étais gamin, avec mon petit frère, on avait traversé comme ça, alors que ça sonnait déjà. Mon frère a perdu sa chaussure au milieu des voies. Il a voulu retourner la chercher alors que le train arrivait et... (Elle lui lance un regard effaré.) Je l’ai rattrapé par le bras au dernier moment et il s’en est sorti, heureusement. La chaussure, en revanche...

Elle semble un peu agacée par cette sortie faussement dramatique. Ils attendent un moment. Elle fait un mouvement pour partir.

Alex – Je vais aller voir.

Fred – Laissez, j’y vais. Avec vos talons...

Il s’éloigne et sort en coulisses. Elle regarde dans la direction où le train est supposé arriver. Elle attend. Il revient.

Alex – Alors ?

Fred – Ils l’ont supprimé.

Alex – Non ?

Fred – Les nouveaux horaires sont affichés là-bas. Il n’y a pas de train à 8h30.

Alex – Et il n’y en a pas un autre ?

Fred – Il y avait un train à 8h, il est déjà passé. Et le suivant est à 11h30.

Alex – 11h30 ! Mais c’est dans trois heures !

Ils accusent le coup tous les deux.

Fred – Il y avait un train à 8h30, j’en suis sûr.

Alex – Moi aussi. C’est pour ça que je n’ai pas vérifié...

Fred – Ils l’ont supprimé... Putain... Ils ont supprimé le train de 8h30.

Moment de flottement.

Alex – Trois heures... J’ai une correspondance dans vingt minutes...

Fred – Moi aussi... (Un temps) Je vous proposerais bien de partager un taxi, mais...

Alex – Un taxi dans le coin...

Fred – À pied, ça fait trop loin. On n’arriverait pas à temps pour notre correspondance, de toute façon.

Alex – Surtout avec ma valise... Et puis je n’avais pas prévu des chaussures pour marcher.

Fred – Je crois que pour notre correspondance, c’est râpé.

Alex – On ne va quand même pas attendre ici pendant trois heures...

Fred – Si vous avez une autre solution...

On entend un grondement de tonnerre, suivi d’un éclair.

Alex – J’espère au moins qu’il ne va pas se mettre à pleuvoir. Il n’y a même pas un endroit pour se mettre à l’abri...

Fred – Je vous offrirais bien un café, mais...

Alex – Le premier café est à une heure de marche. On aurait juste le temps d’y aller et de revenir.

Fred – Je n’ai pas pensé à prendre un parapluie. Vous en avez un ?

Alex – Non...

Un temps.

Fred – Je vais tenter ma chance en auto-stop, ça vous tente ?

Elle hésite, toujours sur ses gardes.

Alex – Non, merci. Je préfère encore attendre ici.

Fred – Comme vous voudrez.

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