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Catalogue

CONTEMPORAINS

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Amour propre et argent sale
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Bed and breakfast
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Happy hour
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Vendredi 13
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CLASSIQUES

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BECQUE Les Corbeaux
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BERTRAND T. Acteurs, Auteurs, Spectateurs
BERTRAND T. L'Accord parfait
BERTRAND T. Le Costaud des Epinettes
BERTRAND T. Le Danseur inconnu
BERTRAND T. Les Deux Canards
BERTRAND T. Théâtre sans directeur
BERTRAND T. Triplepatte
BERTRAND T. Un perdreau de l'année
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FEYDEAU La Lycéenne
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LABICHE Si jamais je te pince
MIRBEAU Farces et Moralités
MIRBEAU Le Foyer
RENARD Monsieur Vernet
ROSTAND Les Romanesques
SAND Molière
ZOLA Thérèse Raquin

Publié par martinezjp

Déjà vu de Jean-Pierre Martinez

Dans un futur où le suicide assisté a été remplacé par un recyclage volontaire, 
un homme et une femme, qui se sont rencontrés juste avant leur reconditionnement, réapparaissent au domicile très ordinaire du couple complètement obsolète qu’ils sont destinés à remplacer. Reste-t-il quelque chose de l’amour quand on a tout oublié ?

 

Ouvrage publié par les Editions La Comédiathèque
ISBN 978-2-37705-859-4
Décembre 2022
48 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 12€

 

Achat du livre

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Lire le début

La terrasse d’un hôtel de luxe. Une table de jardin et deux chaises. Un homme arrive, un verre à la main, et s’assied. Habillé de façon décontractée mais élégante, il a l’air détendu et serein, comme s’il était en vacances. Il prend avec nonchalance le journal sur la table, regarde distraitement la une, puis le repose. Une femme arrive. Plutôt élégante, elle aussi, elle a à peu près le même âge que lui. Ils échangent un vague sourire pour se saluer. Elle marche vers l’avant-scène, allume une cigarette, et la fume en contemplant le paysage. Ils restent un moment ainsi, plongés dans leurs pensées. Elle écrase sa cigarette, se retourne, s’approche de la table et lui tend une carte de visite.

Femme 1 – Je marchais derrière vous dans le couloir. Cette carte est tombée de votre poche. Je ne sais pas si c’est important...

Il prend la carte et jette un regard, un peu surpris.

Homme 1 – Ah oui... Merci...

Femme 1 – Je vous en prie.

Il pose la carte sur la table et la regarde. Elle s’apprête à partir.

Homme 1 – Je peux vous offrir un verre ? (Elle se retourne vers lui) Pour vous remercier...

Femme 1 – Ne vous sentez pas obligé...

Homme 1 – Asseyez-vous, je vous en prie. (Elle s’assied) Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

Femme 1 – Je ne sais pas... La même chose que vous.

Homme 1 – Vous ne savez pas ce que je bois...

Femme 1 – Je vous fais confiance.

Homme 1 – Ça pourrait être le verre du condamné... Du poison... La ciguë, comme pour Socrate.

Femme 1 – Vous ressemblez plus à un dandy anglais qu’à un philosophe grec... Je prends le risque...

Il sourit, et sort. Elle prend la carte et la regarde. Puis elle contemple à nouveau le paysage devant elle, pensive. Après une hésitation, elle sort un tube de rouge à lèvres de son sac et s’en applique un peu. Il revient avec un verre.

Homme 1 – Ces montagnes... C’est vraiment magnifique, n’est-ce pas ?

Femme 1 – Oui... Je n’étais jamais venue en Suisse.

Homme 1 – Personne ne va en Suisse... À moins d’avoir une bonne raison pour ça.

Femme 1 – C’est vrai... On dit « Voir Venise et mourir » mais je n’ai encore jamais entendu quelqu’un dire « Voir Lausanne et mourir ».

Homme 1 – Mourir d’ennui, peut-être... (Il lui tend le verre) Et voilà. La même chose que moi...

Elle prend le verre, hume son contenu, puis trempe ses lèvres dans le liquide.

Femme 1 – Du whisky...

Homme 1 – Je ne sais pas si on peut considérer ça comme un poison. Ça ne tue que très lentement. Comme la cigarette...

Femme 1 – En tout cas, il est très bon.

Homme 1 – J’espère... Je leur ai demandé ce qu’ils avaient de plus cher. Je n’ai pas été déçu. Le nectar qu’il y a dans ce verre est presque aussi cher que la suite que j’occupe dans ce palace...

Elle sourit. Ils sirotent leurs verres en silence.

Femme 1 – Vous m’intriguez... La Suisse, on y va pour faire du ski. Et on est encore en été. Ou alors on y vit à l’année pour ne pas payer d’impôts. Mais dans ce cas, on ne séjourne pas à l’hôtel. Et puis quelque chose me dit que vous n’avez pas ce genre de rapport à l’argent...

Homme 1 – Vous croyez...?

Femme 1 – Sinon vous m’auriez offert un whisky ordinaire. Et je n’aurais sans doute même pas fait la différence. Je déteste le whisky...

Homme 1 – Dommage...

Femme 1 – Alors...?

Homme 1 – C’est vrai, je ne suis ni un amateur de glisse, ni un exilé fiscal... Mais je pourrais vous retourner la question. Sans vouloir vous offenser, vous n’avez pas l’air familière des palaces...

Femme 1 – Ça se voit tant que ça ?

Homme 1 – Les habitués de ce genre d’établissement sont blasés. Ils ne s’étonnent plus de rien. Vous, vous avez gardé cette capacité à vous émerveiller...

Femme 1 – Je suis née pauvre, en effet. C’est une maladie qui laisse des séquelles. Même quand par chance on arrive à s’en remettre...

Homme 1 – On se moque souvent des nouveaux riches, mais je plains ceux qui sont nés milliardaires. Il faut avoir connu la faim pour apprécier pleinement un bon repas...

Femme 1 – Je ne suis pas milliardaire. D’ailleurs, je ne suis pas riche non plus. Je ne suis descendue dans ce palace que pour une seule nuit...

Homme 1 – Ne me dites pas que vous êtes en voyage de noces...

Femme 1 – C’est une façon originale de demander à une femme si elle voyage seule... Mais vous n’avez pas répondu à ma question. Qu’est-ce qui vous amène ici ?

Un temps.

Homme 1 – Vous le savez déjà, n’est-ce pas ? Puisque vous avez vu cette carte que vous m’avez rendue.

Femme 1 – L’auriez-vous laissé tomber intentionnellement ?

Homme 1 – Allez savoir...

Femme 1 – Un acte manqué, alors...

Homme 1 – Ma vie n’est qu’une longue suite d’actes manqués... Pourtant, au final, je la trouve plutôt réussie... Donc, vous connaissez l’établissement qui est indiqué sur cette carte ?

Femme 1 – Une clinique...

Homme 1 – Oui. Une clinique d’un genre un peu spécial...

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